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« Notre usine, à Beauvais, peut produire jusqu’à 200 autobus par an » (Isbrand Ho, BYD Europe)

Paris - Publié le mercredi 13 novembre 2019 à 20 h 29 - n° 167830 « Avec ses usines en Europe, BYD a la capacité de produire des autobus pour les besoins du marché français. L’usine en France, à Beauvais, peut produire jusqu’à 200 véhicules par an dans la 1e phase, avec la possibilité de doubler les équipes. L’usine pourrait, à terme, produire plus de 1 000 véhicules par an. Dans l’usine hongroise de Komarom, la production annuelle, avec la double équipe, est de 400 bus électriques, prête pour une augmentation de capacité. D’ici à 2020, la capacité totale de production des batteries atteindra 65 GWh. Nous avons la stratégie à long terme pour répondre à la forte demande du marché européen », déclare Isbrand HoIsbrand HO, general manager du groupe BYD Europe, dont le siège est à Rotterdam (Pays-Bas), le 13/11/2019.

BYD est implanté en France depuis mai 2017, avec la société BYD France SAS à Allonne (Oise). « Un aspect clé de ce que nous avons appris est de renforcer les services après-vente. L’organisation de notre service après-vente de BYD est centralisée à partir de notre siège européen aux Pays-Bas. (…) BYD France compte de nombreux fournisseurs dans les plus grandes villes françaises à Paris, Lyon, Nantes, Marseille, dans l’ouest et bientôt à Orléans avec des ateliers à Lille, Strasbourg… Cette liste n’est pas exhaustive. La définition du réseau français de partenaires de service est en cours », indique le dirigeant chinois. « Beauvais est notre 2e unité de production européenne, avec une entité juridique française ».

« L’une de nos principales difficultés a été de nous faire reconnaître comme acteur à part entière de la mobilité électrique. Il y a 8 ans, quand nous avons fait notre 1e apparition à Busworld à Courtrai, en Belgique, nous étions le seul constructeur à exposer un bus électrique. Le marché nous a donné raison. Nous avons pris une longueur d’avance avec plus de 50 000 bus électriques livrés sur le marché mondial, plus de 1000 bus en Europe et une part de marché de 20 % », dit-il.

Isbrand Ho répond aux questions de Newstank.
Isbrand - © D.R.
Isbrand - © D.R.

« Le Gouvernement français et les élus locaux sont engagés dans les efforts zéro émission »

Pourriez-vous présenter BYD, et ce qui a fait de entreprise un leader mondial de la mobilité électrique ?

BYD, dont les initiales en anglais signifient Build Your Dreams, est la seule entreprise du secteur automobile qui était à l’origine un fabricant de batteries lorsqu’elle a été fondée en 1995, il y a presque 25 ans. BYD est le 1e et le seul constructeur automobile à produire sa propre chaine de traction, à savoir la batterie, les moteurs et l’onduleur de traction, offrant un service complet à nos clients. BYD a 4 activités principales dans les énergies nouvelles, le transport ferroviaire, l'électronique et les véhicules. On oublie souvent que BYD est bien plus qu’un simple bus, en l’occurrence qu’un fabricant de bus électrique. Nous sommes beaucoup plus que çà. BYD est, en fait, le SEUL constructeur qui propose une solution complète pour des transports écologiques 100 % électriques qui incluent les bus électriques, la recharge, les logiciels, le stockage et les énergies solaires. En termes de savoir-faire et de R&D, nous avons plus de 10 ans d’expérience dans le domaine des bus 100 % électriques et plus de 25 ans passés à travailler avec de multiples évolutions de technologies dans le domaine des batteries. BYD a été qualifié d’expert en mobilité électrique, en gestion de l'énergie et en infrastructure électrique, alors qu’il est vrai qu’aucun autre opérateur n’est en mesure d’offrir une approche plus holistique en matière de produits et de services de mobilité.

Quelles ont été vos difficultés à l’entrée du marché européen ?

Plus de 50 000 bus électriques déjà livrés sur le marché mondialL’une de nos principales difficultés a été de se faire reconnaitre en tant qu’acteur à part entière de la mobilité électronique. Il y a 8 ans, quand nous avons fait notre 1e apparition à Busworld à Courtrai, nous étions le seul constructeur à exposer un bus électrique. Le marché nous a donné raison. Pendant 8 ans, nous avons pris une longueur d’avance avec plus de 50 000 bus électriques livrés sur le marché mondial, plus de 1 000 bus en Europe et une part de marché de 20 %.

Quels sont les marchés et pays qui vous ont ouvert la porte ?

L'Allemagne commence à reconnaître la mobilité électrique comme une option commerciale viableDifficile de donner des préférences, mais je voudrais citer 3 régions. En Scandinavie, nous avons signé 2 commandes importantes en Norvège pour 55 bus électriques, dont le nouveau modèle 13 m de classe II de BYD pour Vy Bus, ainsi que 23 nouveaux bus électriques de 12 m pour Unibuss. Cette commande réaffirme la position de leader de BYD dans les pays nordiques, dans le 100 % électrique, avec plus de 200 commandes eBus reçues dans la région. Au Royaume-Uni, le partenariat BYD ADL-BYD Europe et Alexander Dennis Limited, appartenant au groupe NFI Group, a livré 98 autobus électriques à Go-Ahead London, soit près de 50 % du total de plus de 200 bus électriques fournis par notre partenariat aux opérateurs britanniques. Enfin, l’Allemagne commence à reconnaître la mobilité électrique comme une option commerciale viable et une commande récente de 22 eBus de 12 m à Bogestra et dans la Ruhr.

Comment avez-vous vécu l’appréhension des décideurs politiques et du « made in China », synonyme de désindustrialisation et de délocalisation dans l’esprit de nombreux Européens ?

Nous sommes une organisation internationale qui compte l’Américain Warren Buffet parmi d’autres investisseurs et actionnaires. BYD Europe est véritablement une organisation européenne, démontrant notre engagement envers les marchés de l’UE. Nous travaillons en partenariat avec des fournisseurs européens, des opérateurs publics ou parapublics partout en Europe. À ce jour, nous disposons de 2 sites de production ultramodernes avec Komarom, en Hongrie, et Beauvais en France. Nous avons notre siège commercial à Rotterdam aux Pays-Bas et une filiale britannique à Londres. Fondée en 2016, Komarom a été notre 1e usine en Europe. Elle dispose de capacités de recherche et de développement indépendantes et, en conséquence, d’installations de test de batteries, avec plus de 300 employés locaux. De nombreux responsables français ont déjà visité notre installation de Komarom. En France, Beauvais, notre 2e unité de production européenne, est une entité juridique française, une SAS, capable de produire jusqu’à 200 véhicules par an en 1e phase. L’usine pourrait produire plus de 1000 véhicules par an. Plus que l’assemblage de bus, nous prévoyons des capacités d’après-vente pour la maintenance et les réparations, ainsi qu’un centre logistique pour les pièces de rechange intégré dans l’usine de Beauvais.

Le recyclage et le traitement des déchets dans le processus de vie des batteries est au cœur des préoccupations environnementales. Quelle est la position de BYD sur le sujet ?

La plupart des substances présentes dans la batterie peuvent être recycléesAvec une expérience riche et une fabrication avancée, BYD a mis en place un projet dédié au recyclage des batteries. Les installations de démontage automatique de batteries développées par BYD et développées par ses propres moyens se caractérisent par une efficacité de démontage élevée. La plupart des substances présentes dans la batterie peuvent être recyclées. De plus, les matériaux de valeur supérieure peuvent être traités, recyclés et réutilisés dans la batterie. En général, le recyclage des batteries pourrait considérablement améliorer le taux d’utilisation globale et, dans l’intervalle, profiter à l’environnement. BYD recherche des partenaires pour promouvoir une coopération approfondie dans ce domaine.

Pourriez-vous préciser l’objet du partenariat avec Toyota, annoncé en octobre 2019 ? 

BYD et Toyota prévoient de doter la nouvelle société de personnels en transférant les ingénieurs et les emploisBYD Company Ltd. (BYD) et Toyota Motor Corporation (Toyota) ont annoncé la signature d’un accord portant sur la création d’une société commune de recherche et développement sur les véhicules électriques à batterie (BEV). La nouvelle société de R&D, qui travaillera à la conception et au développement des BEV (y compris la plateforme) et de ses composants, devrait être créée en Chine en 2020, BYD et Toyota devant partager à parts égales 50 % du capital total nécessaire. Ils prévoient de doter la nouvelle société de personnels en transférant les ingénieurs et les emplois actuellement liés à la recherche et au développement connexes de leurs sociétés respectives.

En France, BYD est connu pour ses bus, notamment via sa chaîne de montage à Beauvais. Quels sont les autres secteurs et marchés sur lesquels BYD est présent en Europe, en France ?

En plus de nos bus et autocars entièrement articulés et semi-électriques, 100 % électriques, sans émissions, BYD a développé des solutions de charge et de stockage d'énergie, des panneaux solaires, des chariots élévateurs électriques et des équipements de stockage. Bientôt, en Europe, nous lancerons notre gamme de produits eTrucks, véhicules utilitaires 100 % électriques et sans émission.

Présent dans une centaine de villes et 22 pays en Europe, BYD s’est fait une place sur le marché européen. En France, votre marge de manœuvre est-elle plus étroite ?

Le marché français a davantage d’attentes en matière d’innovations techniquesLe marché des bus et autocars électriques en France est l’un des plus importants d’Europe. Nous portons une attention particulière à ce marché. C’est pourquoi nous avons un site de production à Beauvais pour servir les clients français, être près d’eux, produire des ebus sur mesure. Nous nous imposons les mêmes critères de performance en termes de taux de disponibilité des véhicules, de prix et de qualité pour répondre aux demandes de nos clients en se hissant au niveau des standards de Stockholm ou Bruxelles qui sont nos clients. Par rapport aux autres marchés européens, le marché français a davantage d’attentes en matière d’innovations techniques et de fonctionnalités. Certaines caractéristiques sont spécifiques : portes de sécurité du conducteur, rampes électriques…, et conçues sur mesure pour les besoins de différents utilisateurs. Il existe de nombreuses différences entre les régions de France et leurs besoins. C’est un challenge qui nous motive.

Nombre d’opérateurs, dans le cadre d’une législation française, imposant aux métropoles un renouvellement totale des flottes au profit de parcs à zéro émission, annoncent des capacités de livraison maximum atteinte. Comment BYD s’apprête à aborder cette nouvelle donne ?

Notre usine, à Beauvais, peut produire jusqu’à 200 véhicules par an dans la 1e phase avec la possibilité de doubler les équipes. L’usine pourrait à terme produire plus de 1 000 véhicules par an. Dans notre usine de Komarom, la production annuelle avec la double équipe est de 400 bus électriques, prête pour une augmentation de capacité. D’ici à 2020, la capacité totale de production des batteries atteindra 65 GWh. Nous avons la stratégie à long terme pour répondre à la forte demande du marché.

Doit-on s’attendre à une spécialisation de votre offre, par exemple sur le segment des bus de 18 m ?

Nous concentrons nos efforts sur ces différents modèlesDans l’usine de Beauvais, nous assemblons une gamme complète de bus pour l’Europe et, en particulier, pour le marché français, du minibus de 8,75 m au bus articulé de 18 m, en passant par le standard de 12 m et l’autocar de 13 m. Nous concentrons nos efforts sur ces différents modèles. En Europe, nous disposons de tout le portefeuille de production allant de 18 m, aux bus à 2 niveaux pour répondre aux besoins de tous les types de clients. BYD est le 1e fabricant mondial à produire l’ebus à impériale. Vy Bus étant le 1e client au monde à commander à BYD un nouvel eBus Classe II de 13 m, BYD est le 1e fabricant de bus électriques en Europe à introduire la classe II dans sa gamme, ce qui montre nos compétences et notre capacité à écouter les clients.

Votre partenariat avec le groupe Daimler date de 2010. Qu’en est-il ? Pourquoi ne pas avoir choisi, en France, une stratégie de partenariat ?

En mai 2010, Daimler AG et BYD ont signé un partenariat en vue d’une JV-Denza New Energy Automotive Co., Ltd, à Shenzhen (Chine) et du lancement de la marque de voitures électriques premium Denza sur le marché chinois. Au Royaume-Uni, notre partenariat ADL a permis de nous positionner parmi les leaders du marché avec plus de 400 bus électriques, à 1 ou 2 niveaux, livrés ou en commande.

Quelle est votre stratégie pour engager une dynamique ?

Je crois que le Gouvernement français et les élus locaux sont engagés dans les efforts zéro émission. Répondre à cette préoccupation conduira à l’essor du transport électrique. Avec des produits robustes et diversifiés, BYD comprend l'écosystème du véhicule électrique beaucoup mieux que quiconque dans l’industrie.

Quels enseignements tirez-vous de la 1e phase d’installation en France, avec quelles perspectives ?

Collaboration plus étroite avec les AOM et les opérateurs de transports publics en FranceUn aspect clé de ce que nous avons appris est de renforcer les services après-vente. L’organisation du service après-vente est centralisée à partir de notre siège européen situé aux Pays-Bas. Nous avons des ingénieurs de support technique dédiés par territoire, comme en France où nous avons une équipe après-vente dédiée. BYD France compte de nombreux fournisseurs dans les plus grandes villes françaises à Paris, Lyon, Nantes, Marseille, dans l’ouest de la France et bientôt à Orléans avec des ateliers à Lille, Strasbourg… La définition du réseau français de partenaires de service est en cours. Un entrepôt de pièces de rechange est intégré dans notre usine de Beauvais. Cet entrepôt français est adapté aux ventes locales afin de garantir la disponibilité des pièces détachées pour les ventes en France. BYD a été un pionnier des ebus et reste le leader du marché des bus électriques en Europe. Nous apportons en France et en Europe ses connaissances, une expertise opérationnelle. Notre objectif est de poursuivre notre collaboration plus étroite avec les AOMAOMAutorité organisatrice des mobilités et opérateurs de transport publics en France.

Isbrand HO

Fiche n° 37061, créée le 13/11/19 à 20:16 - MàJ le 13/11/19 à 20:23

Isbrand HO



Parcours Depuis Jusqu'à
BYD France
Président 2017 Aujourd'hui
2017 Aujourd'hui
BYD Europe
General manager 2013 Aujourd'hui
2013 Aujourd'hui
TWS Electronics Limited
Vice-président business 2011 à 2012
2011 2012

• Né le 25 octobre 1960


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