Début

« La proximité est indéniablement devenue rassurante, appréhendable » (P. Bouchain et S. Léron)

Paris - Publié le mercredi 9 janvier 2019 à 18 h 38 - n° 137231 Quitte à s’inscrire dans le grand débat national qui nous est proposé, faut-il nécessairement partir d’une feuille blanche ou tirer des enseignements à chaud et dans l’urgence ? Commençons plutôt par mettre en lumière des expériences qui marquent d’ores et déjà des territoires. Elles sont nombreuses. La question de la place de chacune et de chacun au sein d’une société, dans un territoire et plus largement du sentiment d’appartenance à une communauté unique ou fragmentée est posée.

Y a-t-il réellement quatre France aux trajectoires divergentes, comme l’analyse le CGETCGETCommissariat général à l’égalité des territoires - Conseille et appuie le gouvernement dans la conception et la mise en œuvre des politiques de lutte contre les inégalités territoriales. ? Une chose est certaine : opposer les uns aux autres, jouer la provocation pour asseoir une autorité ou pour fédérer ceux auxquels on s’adresse plus prioritairement au risque de laisser les autres dans leur posture, a, ces dernières années, toujours entraîné une réaction immédiate et parfois violente. Une autre approche ne devrait-elle pas, dès lors, partir de ce qui rassemble, de ce que l’on peut appeler le commun, en prenant pour point d’ancrage des projets de territoire, quelle que soit leur échelle. Car la proximité est indéniablement devenue rassurante, « appréhendable ». Elle concerne plus facilement. Le maire est, aujourd’hui, l’homme politique qui pour beaucoup n’en est pas réellement un, celui vers lequel il est imaginable de se tourner alors même que l’on conteste soit d’autres formes, soit d’autres échelons de représentation.

Cet attachement supposé de leur population locale ne compense cependant pas la lassitude qu’exprimeraient nombre d’élus locaux. Et pourtant, le projet que nous avons lancé il y a un an, nous a montré combien les initiatives nouvelles peuvent rencontrer l’envie et le besoin de ceux qui, maires, porteurs de projets, membres d’associations locales, acteurs sociaux, savent que nombre de villages ou de zones périurbaines portent encore une dynamique de territoire qui ne passe pas uniquement par la voie culturelle.

La question sociale est plus que jamais centrale dans ce qu’elle révèle usuellement des difficultés de vie de nombre de nos concitoyens mais aussi, et peut-être surtout, d’une attente forte, d’une demande criante de socialisation. La « prise des ronds-points » par les gilets jaunes en est, à l’évidence, la forme la plus symbolique de ces dernières semaines. Comment offrir des espaces nouveaux d’engagement, de réflexion et de décision permettant de transformer son environnement proche ? Quels sont les lieux de l’éducation populaire de Jean Zay et de Léo Lagrange au XXIe siècle ? Le citoyen bénéficie-t-il par essence d’une « expertise du quotidien » dont ses représentants seraient trop éloignés ?

L’interrogation sur la représentativité est inhérente à la démocratie elle-même. Imparfaite par nature, elle suppose de repenser en permanence ses modes de fonctionnement. C’est la raison pour laquelle elle rend ô combien nécessaire la prise en compte des attentes qu’elle porte ou du rejet qu’elle génère. L’histoire d’un lieu et de ceux qui y vivent comme préalable à la construction d’un projet ou d’une simple proposition peut participer à l’élaboration de nouveaux mécanismes de solidarité que Pierre Rosanvallon cherche à construire pour permettre de « valoriser l’impératif de singularité tout en renouant les fils du lien social ».

Des initiatives fleurissent déjà depuis de nombreuses années dans nos territoires. Elles sont souvent qualifiées d’expérimentales comme si elles étaient nécessairement circonscrites à un espace singulier. Mais de cette singularité parfois revendiquée en tant que révélateur d’un projet peut naître une méthode et des manières de construire reproductibles. Et pourtant, des 10 lieux infinis présentés en 2018 par l’agence Encore Heureux à la Biennale d’architecture de Venise, des expériences d’urbanisme transitoire dans toute la diversité qu’elles représentent, des programmes de recherche-action en design des politiques publiques, de l’expérience « Territoire zéro chômeur de longue durée » dont le nombre de villes candidates se multiplie à l’envi, les démonstrations réussies ne manquent pas. Elles doivent pouvoir se fédérer, se comparer, se confronter aussi pour créer de la doctrine, et s’enrichir mutuellement. Les travaux du CGET, les programmes soutenus par la CDCCDCCaisse des dépôts et consignations - Institution financière publique qui assure un service d'intérêt général et de développement économique pour le compte de l'État français et des collectivités comme le dispositif « Cœur de ville », la création de la future Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCTANCTAgence nationale de la cohésion des territoires) sont, à ce titre, autant d’incitations à prendre des initiatives. Quand la question sociale est forte, que les fractures sont si diverses, penser une réponse doit nécessairement avoir pour préalable de fédérer les initiatives.

Est-il nécessaire de mettre en place des processus complexes pour cela ? Nous pensons que la force de l’expérience et son observation doivent nous permettre d’inscrire des actions collectives dans le réel, d’abord en levant les obstacles à toute prise de risque et par conséquent à toute ambition. C’est le sens de la démarche de la « Preuve par 7 » qui bénéficie du soutien des ministères de la Culture et de la Cohésion des territoires, ainsi que de la Fondation de France comme partenaire. Le décloisonnement sera un des leviers essentiels de la réussite. Alors, il sera possible de « faire preuve » pour faire jurisprudence. Cette démonstration aboutie pourra permettre, c’est notre souhait, de faire évoluer la norme. Nous y apporterons, avec ceux qui s’engagent à nos côtés, notre contribution. Les enjeux sont majeurs. Les solutions par nature complexes sont cependant à portée de main. Pour peu qu’elles se construisent et s’adressent d’abord à ceux qui en ressentent le besoin.

Sophie Léron, « Permis de faire »
Patrick Bouchain, « La Preuve par 7 »
Sophie Léron et Patrick Bouchain - © D.R.
Sophie Léron et Patrick Bouchain - © D.R.

La Preuve par 7 pour une démarche expérimentale de l’urbanisme

La Preuve par 7 pour une démarche expérimentale de l’urbanisme

La Preuve par 7 se présente comme une « démarche expérimentale d’urbanisme et d’architecture ». Elle travaille avec des porteurs de projets urbains, d’équipements et d’habitat, en France, à 7 échelles territoriales : village, bourg, ville moyenne, territoires métropolitains, métropole, équipement structurant et territoire d’outre-mer, Mayotte. L’objectif : promouvoir le recours à des approches inédites, concevoir de nouvelles manières de construire la ville collectivement, et revendiquer un droit à l’expérimentation.

Patrick Bouchain

Fiche n° 32682, créée le 10/09/18 à 18:41 - MàJ le 02/10/19 à 11:59

Patrick Bouchain



Parcours Depuis Jusqu'à
Atelier Construire, Paris
Architecte, fondateur 1994 Aujourd'hui
1994 Aujourd'hui
Ministère de la Culture
Conseiller auprès de Jack Lang, ministre de la Culture 1988 à 1995
1988 1995
Établissement public du Grand Louvre, Paris
Conseiller auprès du président 1992 à 1994
1992 1994
Atelier public d'architecture et d'urbanisme de la ville de Blois
Directeur 1989 à 1994
1989 1994
Ecole nationale supérieure de création industrielle
Cofondateur et professeur des Ateliers 1981 à 1983
1981 1983
École des Beaux-arts de Bourges
Professeur 1974 à 1981
1974 1981
École Camondo
Professeur 1972 à 1974
1972 1974
Êtablissement & diplôme Année(s)
École nationale supérieure des beaux-arts de Paris
École nationale supérieure des beaux-arts
École Camondo
École Camondo

Les principales réalisations de Patrick Bouchain
• 1982 : les Ateliers. École nationale supérieure de création industrielle (Paris)
• 1984 : théâtre Zingaro (Aubervilliers)
• 1985 : aménagement du Magasin, Centre national d’art contemporain, site Bouchayer Viallet (Grenoble)
• 1986 : maître d'œuvre pour Les Deux Plateaux, œuvre de Daniel Buren, dans la cour d’honneur du Palais-Royal à Paris, en France
• 1988 : cirque Zingaro avec J. Harari, Fort d’Aubervilliers (Aubervilliers)
• 1991 : volière Dromesko (Lausanne)
• 1993 : Jardin des Tuileries. Direction du projet de rénovation avec IM.PEI, Wirtz, Cribier, Bénech, Stinco.
• 1994 : la maison « Starck », maison en bois imaginée par Philippe Starck et vendue sur le catalogue des « 3 Suisses »
• 1997 : siège social de Thomson Multimédia (Boulogne-Billancourt)
• 1999 : transformation des anciennes usines LU et création du Lieu unique (Nantes)
• 2001 : chapiteau du Théâtre du Centaure (Marseille)
• 2004 : La Condition publique (Roubaix) - Chapiteau École nationale des arts du cirque avec Loïc Julienne, plateau d’Avron (Rosny-sous-Bois)
• 2006 : pavillon français à la biennale d’architecture de Venise
• 2007 : Cité nationale de l’histoire de l’immigration (Paris)
• 2007 : transformation des abattoirs le Channel (Calais)
• 2015 : Le Plus Petit Cirque du monde à Bagneux (92) avec Loïc Julienne


Sophie Léron

Fiche n° 32656, créée le 07/09/18 à 13:34 - MàJ le 20/05/19 à 10:24

Sophie Léron

Date de naissance : 15/05/1977

Parcours Depuis Jusqu'à
Permis de faire
CEO Novembre 2017 Aujourd'hui
Novembre 2017 Aujourd'hui
Fisheye
Dirigeante Novembre 2017 Aujourd'hui
Novembre 2017 Aujourd'hui
Premier Ministre - Hôtel de Matignon
Conseillère Médias et Industries culturelles Décembre 2016 à Mai 2017
Décembre 2016 Mai 2017
Direction Générale de la Création Artistique
Chef de projet Mission photographie Août 2016 à Décembre 2016
Août 2016 Décembre 2016
Assemblée nationale
Conseillère du Président de la Commission des Affaires Culturelles et de l'Education Juillet 2012 à Juillet 2016
Juillet 2012 Juillet 2016
Assemblée nationale
Collaboratrice parlementaire Juin 2008 à Juin 2012
Juin 2008 Juin 2012
Ville de Paris
Secrétaire générale du groupe majoritaire au Conseil de Paris Octobre 2004 à Mai 2008
Octobre 2004 Mai 2008
Ville de Paris
Directrice de cabinet du Président du Groupe majoritaire Mars 2001 à Septembre 2004
Mars 2001 Septembre 2004
Êtablissement & diplôme Année(s)
Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne
Master 2 Droit, économie et gestion de l'audiovisuel 2009 - 2010
2009 2010
École des hautes études en sciences sociales
Master 2 de Sciences sociales, mention "études politiques" 2005 - 2006
2005 2006
Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne
Maîtrise d'Histoire contemporaine et de droit privé 1998 - 1999
1998 1999

Agence Encore Heureux

Fiche n° 7125, créée le 23/05/18 à 12:52 - MàJ le 09/07/18 à 12:36

Agence Encore Heureux

• Création : 2001 par Nicola Delon et Julien Choppin. L’agence Encore Heureux revendique une pratique généraliste pour concevoir des bâtiments, des installations, des jeux ou des expositions.
Lauréate en 2006 des Nouveaux Albums des Jeunes Architectes : l’agence a conçu et livré plusieurs bâtiments culturels ou tertiaires, publics et privés (salle de concert, cinéma, musée, centre d’innovation).
En 2014 : l’agence Encore Heureux est commissaire de l’exposition Matière Grise au Pavillon de l’Arsenal à Paris sur le thème du réemploi des matériaux en architecture, et direction éditoriale de l’ouvrage associé.
En 2015 : l’agence est lauréate du concept d’aménagement scénographique du site de Paris-Le Bourget pour la COP21 et réalise le Pavillon Circulaire, une architecture expérimentale démonstratrice des possibilités de réemploi.
Depuis 2016 : Sébastien Eymard a rejoint l’aventure comme troisième associé et l’agence s’est installée au sein du Cent Quatre-Paris.
Effectif : 20 architectes
Tél. : 01 53 19 09 36





Agence Encore Heureux
104 rue d’Aubervilliers
75019 Paris - FRANCE
Téléphone : 01 53 19 09 36
vCard meCard .vcf VCARD

Fin
loader mask
1