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Ademe : 3 modes d’intervention pour atteindre la neutralité carbone dans la filière bâtiment

Paris - Publié le mercredi 10 juillet 2019 à 11 h 23 - n° 151785 • Réduire drastiquement les émissions GESGESGaz à effet de serre sur le périmètre de responsabilité des bâtiments à l’échelle de son entreprise ou de son projet au travers de la sobriété (énergétique et matière) des bâtis, l’utilisation d’énergies décarbonées et de produits de construction et d’équipements performants et bas carbone ;
• contribuer à réduire les émissions en dehors des périmètres stricts des parcs en accompagnant les usages des occupants, la rénovation d’autres bâtiments, en soutenant la production d’EnREnRÉnergies renouvelables, de produits de construction et d'équipements bas carbone ;
• contribuer à augmenter les puits carbone naturels et technologiques pour séquestrer le carbone atmosphérique.
Tels sont les 3 modes d’intervention de l’AdemeAdemeAgence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie aux acteurs de la filière du bâtiment dans l'étude « Neutralité et bâtiment : comment les acteurs du secteurs peuvent s’inscrire dans une démarche zéro émission nette ? » réalisée avec Carbone 4, publiée le 09/07/2019. Un « triptyque sur lequel les acteurs du bâtiment peuvent quantifier leur contribution à la neutralité territoriale », indique l’Agence.

La neutralité carbone correspond à l’équilibre entre les émissions de GES territoriales directes et les absorptions grâce aux puits naturels et technologiques, selon l’Ademe. L’atteindre nécessite de « passer d’un Facteur 4 de réduction carbone à un Facteur 6 ou plus d’ici à 2050 », en considérant une élévation de la température moyenne du globe inférieure à 2°C et un développement maximum des puits carbone français à horizon 2050. Cela implique de diviser au moins par 6 les émissions de GES d’ici à 2050.

Selon l’Ademe, « une forte attente repose notamment sur le secteur du bâtiment au sens large », dont les émissions de GES représentent près d'1/3 des émissions nationales (en considérant la consommation d’énergie des bâtiments résidentiels et tertiaires, les produits de construction et les équipements). L'étude clarifie le concept de neutralité carbone, la traduire en termes de valeurs cibles « carbone » attendues au niveau national pour le secteur et proposer un panel d’actions pour l’atteindre.
© Annette GigonMike Guyer Dipl. Architekten - Architron
© Annette GigonMike Guyer Dipl. Architekten - Architron

Des objectifs en termes de consommation, de performance et d’industrie

Des objectifs en termes de consommation, de performance et d’industrie

• L’objectif en termes de consommation d'énergie : zéro émission pour tous usages des bâtiments. « L’ensemble du parc ne pourra émettre que 5 MtCO2e en 2050 », indique l’Ademe.

• L’objectif en termes de performance énergétique est d'atteindre un niveau de correspondant aux attentes du label BBC Rénovation en moyenne pour l’ensemble du parc.

• L’Ademe recommande également une réduction de 80 % des émissions entre 2015 et 2050 pour les industriels français, « en particulier ceux de la chaîne de valeur du bâtiment qui devront être force de propositions pour mettre sur le marché des produits de construction et équipements performants et bas carbone, voire qui permettent de stocker temporairement (mais le plus longtemps possible) du carbone ».

Performance, EnREnRÉnergies renouvelables et construction bas carbone pour réduire les émissions induites

Pour réduire les émissions sur son périmètre (émissions induites), les acteurs du bâtiment doivent :

  • réduire la consommation énergétique des bâtiments existants et constructions neuves grâce à une performance énergétique du bâtiment élevée, la sobriété des usagers et une gestion optimisée de l’exploitation des bâtiments ;
  • alimenter les bâtiments avec des énergies décarbonées :
    • priorité à la chaleur renouvelable ;
    • exclusion des ressources fossiles (objectif zéro fioul) ;
    • électrification les usages hors chaleur ;
  • employer des produits de construction et équipements performants et bas carbone.

Éviter les émissions indirectement liées au parc lui-même

Pour réduire les émissions en dehors du périmètre du bâtiment (émissions évitées), les acteurs du bâtiment peuvent entreprendre des actions de réduction. « La démarche a d’autant plus de sens que les bâtiments sont connectés à de nombreuses problématiques carbone pour les occupants : où et comment se nourrir, que consommer, comment se déplacer ? », selon l’Ademe. Avec 4 leviers :

  • proposer aux occupants des services aidant à réduire leurs émissions (alimentation, mobilité…) ;
  • aider à rénover des bâtiments ;
  • financer la production d’énergie renouvelable ;
  • collaborer avec les industriels pour développer des produits de construction et équipements.

Séquestrer le carbone atmosphérique grâce aux puits carbone

Pour augmenter les puits carbone (émissions séquestrées ou négatives) et développer la séquestration du carbone atmosphérique, la filière bâtiment peut :

  • limiter l’artificialisation des sols ;
  • financer le développement de puits carbone naturels (forêts) ou technologiques (BECSSBECCSBio-energy with carbon capture and storage, processus d'extraction de la bioénergie à partir de la biomasse et de capture et stockage du carbone, l'éliminant ainsi de l'atmosphère) ;
  • privilégier les produits bois et biosourcés à longue durée de vie et participer au maintien de ces puits par la valorisation matière.

La Réglementation Environnementale (RE) pour 2020

La Réglementation Environnementale (RE) pour 2020

L'étude de l’Ademe promeut une stratégie bas carbone, 6 mois avant l’entrée en vigueur de la réglementation environnementale (RE 2020) prévue en 2020 par la loi ELAN « qui imposera peut-être un seuil carbone maximal pour la construction neuve », indique l’Ademe. La RE favorise le recours aux énergies et aux matériaux renouvelables pour répondre aux performances énergétiques, environnementales et sanitaires des bâtiments neufs, et définit les performances énergétiques et environnementales prévues par la future réglementation.

Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
Fiche n° 6233, créée le 11/01/18 à 15:10 - MàJ le 23/07/19 à 09:18

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• Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), sous la tutelle conjointe du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation
Création : 1990
Mission : participer à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l'énergie et du développement durable.
Implantation : 3 sites pour les services centraux à Angers (49), Puteaux (92) et Valbonne (06) ; 1 bureau de représentation à Bruxelles. 17 directions régionales, 13 en territoire métropolitain et 4 en Outre-mer
Président : Arnaud Leroy
Tél. : 01 58 47 81 28 (Paris) / 02 41 20 41 20 (Angers)
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