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4 millions de mal logés, dont 2 millions en privation de confort (A. Rousset, Nouvelle-Aquitaine)

News Tank Cities - Bordeaux - Tribune n°232050 - Publié le 22/10/2021 à 14:15
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Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine - ©  ALE

La cohésion de notre contrat social, notamment, est fragilisée par la persistance de la pandémie de Covid-19 et ses conséquences économiques, qui se greffent à et exacerbent la fracture territoriale et sociale - sans oublier le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité. Certaines et certains se sentent exclus du pacte républicain. Le mouvement des gilets jaunes, en sommeil mais pas éteint, est une illustration de cette rupture, écrit Alain Rousset Président @ Région Nouvelle-Aquitaine • Président @ Région Nouvelle-Aquitaine
, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, dans une tribune adressée à News Tank, le 20/10/2021, avec un focus sur le logement des jeunes, l’un des thèmes récurrents de la campagne de l'élection présidentielle 2022.

Or l’habitat est à la fois l’un des enjeux et l’un des outils pour y répondre, au carrefour des défis de notre temps. Il est l’illustration de la nécessité de concilier les enjeux de justice sociale, d’équité territoriale et de transition écologique.

Rappelons-le : d’après la fondation Abbé Pierre, la France compte 4 millions de mal logés, dont 2 millions en situation de privation de confort, et plus de 12 millions de personnes fragilisées par le logement - notamment les jeunes, étudiants, apprentis, jeunes en formation. Ils constituent un public prioritaire de la Région.

Voici la tribune d’Alain Rousset.


À la croisée des chemins, notre société encaisse des chocs multiples

La cohésion de notre contrat social, notamment, est fragilisée par la persistance de la pandémie de Covid-19 et ses conséquences économiques, qui se greffent à et exacerbent la fracture territoriale et sociale - sans oublier le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité. Certaines et certains se sentent exclus du pacte républicain. Le mouvement des gilets jaunes, en sommeil mais pas éteint, est une illustration de cette rupture.

Or l’habitat est à la fois l’un des enjeux et l’un des outils pour y répondre, au carrefour des défis de notre temps. Il est l’illustration de la nécessité de concilier les enjeux de justice sociale, d’équité territoriale et de transition écologique.

Parce que nous devons garantir le bien-vivre pour toutes et tous, partout, cette ambition doit s’exprimer à travers des politiques publiques volontaristes en faveur du logement des jeunes, du logement sur les territoires dits détendus, ainsi que par le renforcement de nos ambitions en matière de transformation énergétique des logements.

Émancipateur et intégrateur

Considéré ainsi, l’habitat peut être émancipateur et intégrateur. Mais, trop souvent, il constitue encore le creuset des reproductions sociales. Avec l’école, il est l’une des premières marches de la construction citoyenne. C’est pourquoi l’accès à un logement de qualité pour toutes et tous est déterminant, d’autant que le logement est l’une des premières dépenses dans le budget des ménages.

12 millions de personnes fragilisées par le logement »

Rappelons-le : selon la fondation Abbé Pierre, la France compte 4 millions de mal logés, dont 2 millions en situation de privation de confort et plus de 12 millions de personnes fragilisées par le logement - notamment les jeunes, étudiants, apprentis, jeunes en formation. Ils constituent un public prioritaire de la Région.

Pour répondre à cet enjeu fondamental, la Région a engagé avec ses partenaires, les bailleurs sociaux et Action Logement • Missions : faciliter l’accès au logement pour favoriser l’emploi • Création : 1953 (Participation des Employeurs à l’Effort de Construction dit 1 % logement) • Organisation : - Action Logement… une action renforcée pour la production de logements à destination des jeunes. Notre ambition ? Offrir au moins 12 places pour 100 étudiants et apprentis d’ici À 2030, soit une production globale de 8 400 places sur la période 2018-2030. Ce sont, en moyenne, 700 places par an qu’il faudra produire.

Appréhendé dans sa dimension transitoire

De surcroît, n’oublions pas que le parcours de formation ou d’insertion des jeunes exige parfois une très grande mobilité. C’est pourquoi le logement des jeunes doit ainsi également être appréhendé dans sa dimension transitoire ; des lieux d’accueil pour des périodes courtes (3 à 6 mois) devraient être proposés aux jeunes en formation, en stage ou en insertion professionnelle.

Aussi, hors des périodes scolaires, une approche globale d’utilisation des internats en auberges de jeunesse éphémères doit être engagée pour accueillir les jeunes saisonniers, apprentis, travailleurs ou touristes. Par ailleurs, l’optimisation du parc social non utilisé peut participer à résorber le déficit de logement des jeunes. En outre, les modèles existants de fonds de garantie pour les cautions des logements étudiants doivent également être renforcés. Nous plaidons donc pour une approche systémique.

Rénovation et la régénération des logements et bâtiments

Puis, si nous entendons résorber les déserts médicaux, nous devons être en capacité de proposer des lieux d’hébergement à côté des maisons de santé pluri-professionnelles ou des hôpitaux de proximité pour les stagiaires ou les jeunes praticiens en santé.

Si nous voulons renforcer le maillage des « usines à la campagne », nous devons assurer le logement en proximité pour les apprentis, les jeunes en formation professionnelle. Si nous souhaitons réussir des projets structurants comme le Ferrocampus, à Saintes, ou le Lycée du Bâtiment de Felletin, en Creuse, autour de la rénovation et la régénération des logements et des bâtiments, nous devons garantir l’accueil et l’hébergement des étudiants. À ce titre, elle revendique la compétence et le pilotage de l’enjeu du logement des jeunes.

Multiplicité des acteurs, sans cadre de coordination et d’évaluation, vouée à l’échec

La Nouvelle-Aquitaine, à travers ses compétences au profit des jeunes et son rôle stratégique de développement équilibré des territoires, doit être au premier rang du défi de l’accès au logement de qualité pour ces publics prioritaires. Dans la plupart des enjeux de notre société, le facteur clé du succès est le décloisonnement, le désisolement des acteurs. En économie, en santé ou en matière de logement la coopération d’acteurs permet l’émergence des innovations et des solutions.

État stratège et garant de la péréquation »

Car une centralisation exacerbée empêche ce dialogue de proximité. Au niveau régional, nous sommes capables d’engager une stratégie partagée et un plan d’action où tout le monde est au clair sur « le qui fait quoi ». À travers la gestion de la crise, les collectivités, la Région, les départements et les intercommunalités ont pris conscience d’appartenir à un ensemble solidaire. Nous avons désormais l’ambition, avec nos partenaires que sont les bailleurs, de relever les transitions que nos concitoyens appellent de leurs vœux. La multiplicité des acteurs, sans cadre de coordination et d’évaluation commun, est vouée à l’échec.

La République est une et indivisible, mais la France est multiple. Nous devons assurer une répartition des rôles entre un État stratège et garant de la péréquation, d’un côté, et des collectivités opératrices qui assurent l’efficacité de l’action et une adaptation aux situations locales de l’autre. Alors nous tiendrons toutes les promesses du pacte républicain.

La rubrique est dirigée par Jean-Luc Berho (berhoji@laposte.net), créateur des Entretiens d’Inxauseta, événement annuel dédié aux politiques du logement et de l’habitat. L'édition 2021 a eu lieu le 27/08/2021 à Bunus (Pyrénées-Atlantiques) sur la thématique : « Présidentielle 2022 : plaçons l’habitat au cœur du projet politique ». Jean-Luc Berho est également président de la Coopérative de l’immobilier, à Toulouse. La rubrique a vocation à mettre en exergue des avis experts sur l’accès au logement, le parcours résidentiel, la politique de la ville, l’urbanisme et l’aménagement des territoires, en France et à l’international.

Alain Rousset

Date de naissance : 16/02/1951
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Parcours

Région Nouvelle-Aquitaine
Président
Communauté urbaine de Bordeaux (CUB)
Président
Commission Arc Atlantique
Président
Communauté de Travail des Pyrénées
Président
Région Nouvelle-Aquitaine
Président
Mairie de Pessac
Maire
Direction du Développement régional du groupe Elf Aquitaine
Délégué à l’industrialisation du Bassin de Lacq

Établissement & diplôme

Sciences Po Paris (IEP Paris)
Diplôme

Fiche n° 36330, créée le 11/09/2019 à 10:30 - MàJ le 28/06/2021 à 16:06

Région Nouvelle-Aquitaine (Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine)

Le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine est l’institution politique rassemblant les départements de la Charente, Charente-Maritime, Corrèze, Creuse, Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Deux-Sèvres, Vienne, Haute-Vienne.
Compétences exclusives : développement économique, gestion des programmes européens, formation professionnelle, apprentissage et alternance, lycées, aménagement du territoire et environnement, transports.
Budget régional : 3,2 Md € (2021)
Préfecture : Bordeaux
Président : Alain Rousset
Composition du conseil régional : 183 membres
Contact : Pierre Lasterra, service de presse - cabinet du président, 05 57 57 02 95

Catégorie : (Public) Région


Adresse du siège

14, rue François de Sourdis
33077 Bordeaux Cedex France


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Fiche n° 9095, créée le 11/09/2019 à 11:07 - MàJ le 22/10/2021 à 16:50

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