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« Avoir un toit sur la tête est un droit fondamental et la première des dignités » (Anne Hidalgo)

News Tank Cities - Paris - Tribune n°235630 - Publié le 03/12/2021 à 12:10
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Anne Hidalgo, maire de Paris depuis 2014 - ©  @ Milton GUILHERME

Dans un pays inquiet par l’issue incertaine de la pandémie et face à un débat concentré sur la sécurité et l’immigration, trop peu de place a été accordée à la qualité de vie des Français et plus particulièrement à l’habitat. Avoir un toit sur la tête est un droit fondamental et la première des dignités. Je regrette que cette question de société fondamentale soit trop souvent traitée par des mesures techniques ou fasse l’objet de restrictions budgétaires, comme sur le quinquennat qui vient de s'écouler, écrit Anne Hidalgo Maire (PS) @ Ville de Paris
, candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2022, dans une tribune adressée à News Tank, le 01/12/2021.

À l’inverse, c’est une approche globale qu’il faudrait adopter, une approche qui prenne en compte les liens entre le logement et les autres politiques publiques. L’exemple de la rénovation urbaine en témoigne. L’ambition de réintégrer les quartiers dans la ville et les moyens importants qui y sont consacrés n’ont pas été accompagnés d’une approche transversale et d’une analyse des phénomènes qui sous-tendent l’aggravation de la ségrégation sociale des territoires urbains, comme la géographie des loyers par exemple.

Voici la tribune d’Anne Hidalgo. Cette contribution entre dans le cadre d’une série de tribunes proposées par les candidat(e)s à l'élection présidentielle d’avril 2022.


Trop peu de place a été accordée à la qualité de vie des Français

Dans un pays inquiet par l’issue incertaine de la pandémie et face à un débat concentré sur la sécurité et l’immigration, trop peu de place a été accordée à la qualité de vie des Français et plus particulièrement à l’habitat. Avoir un toit sur la tête est un droit fondamental et la première des dignités.

Je regrette que cette question de société fondamentale soit trop souvent traitée par des mesures techniques ou fasse l’objet de restrictions budgétaires, comme sur le quinquennat qui vient de s'écouler.

À l’inverse, c’est une approche globale qu’il faudrait adopter, une approche qui prenne en compte les liens entre le logement et les autres politiques publiques. L’exemple de la rénovation urbaine en témoigne. L’ambition de réintégrer les quartiers dans la ville et les moyens importants qui y sont consacrés n’ont pas été accompagnés d’une approche transversale et d’une analyse des phénomènes qui sous-tendent l’aggravation de la ségrégation sociale des territoires urbains, comme la géographie des loyers par exemple.

Il ne peut être laissé à la seule main invisible du marché

La question du logement mérite par ailleurs depuis longtemps d’être repensée face à des bouleversements majeurs qui traversent notre société : la crise climatique et environnementale, la crise sanitaire et la multiplication des résidences secondaires et des Airbnb, les défis démographiques, de desserrement des ménages et de vieillissement de la population.

Le logement est un bien essentiel, qui permet de faire société. Il ne peut être laissé à la seule main invisible du marché. Cette année encore, la Fondation Abbé Pierre • Mission : agir pour le logement des défavorisés. La fondation ne compte pas de membres adhérents. Elle est dirigée par un Conseil d’administration de 12 membres (3 au titre du collège des… nous alerte sur l’état du mal logement, le sort des 4 millions de personnes touchées par le  fléau du mal logement, les centaines de milliers d’enfants qui en subissent l’impact.

Personne ne doit payer un loyer au-delà d’un tiers de ses revenus »

Se loger correctement reste aujourd’hui une gageure, et ce, à toutes les étapes de la vie. À chaque changement, rupture, deuil, perte d’emploi pour les étudiants, les jeunes, les familles, les seniors monte l’angoisse de ne pas y arriver et la peur de perdre son logement. Au-delà des situations les plus aigües, la part des dépenses consacrée au logement atteint un montant insupportable pour trop de ménages.

De cela, je ne veux plus. C’est pourquoi je porte l’idée que plus personne ne doit payer un loyer au-delà d’un tiers de ses revenus.

Le désengagement de l’État s’accentue d’année en année

La baisse de la production de logements, et en particulier de logements sociaux n’est pas seulement conjoncturelle. Le désengagement de l’État s’accentue d’année en année. Il se traduit par la difficulté à faire émerger des projets, d’autant que la frilosité de certains maires à s’engager face à des habitants trop souvent réticents, participe à l’atonie du secteur.

Les baisses des APL Aides personnelles au logement correspondant à 3 types d’aides : l’aide personnalisée au logement, l’allocation de logement à caractère familial et l’allocation de logement à caractère social ont pénalisé fortement les familles les plus fragiles mais aussi les jeunes. Entre 2017 et 2021, le Gouvernement aura économisé 10 Md€ en taxant les bailleurs sociaux, impactant leur capacité à construire ou rénover.

J’abrogerai la Réduction du loyer de solidarité »

Je veux relancer la construction de logement social. 70 % de la population y est éligible. En produire à minima 20 ou 25 % partout sur notre territoire ne devrait pas être un sujet. J’abrogerai la Réduction du loyer de solidarité (RLS) et je ferai en sorte que l'État cofinance avec les collectivités territoriales, un niveau ambitieux d’aides à la pierre pour le développement des projets. Le logement social, c’est un investissement que nous devons aux Françaises et aux Français. La véritable dette que nous pourrions laisser à nos enfants serait une France qui exclut.

Je veux rétablir les aides au logement à un juste niveau, même si je pense que c’est d’abord par une augmentation générale des salaires que les familles sortiront la tête de l’eau. Je m’engage à permettre aux territoires en tension d’utiliser tous les leviers possibles pour faire baisser les loyers : loyer unique ou nouvelle politique des loyers dans le parc social, encadrement des loyers dans le parc privé.

Je faciliterai le déploiement des offices de foncier solidaire »

Je favoriserai l’accès à une propriété non spéculative parce que le sol est un bien commun utile à nos besoins et à ceux de la planète. Je faciliterai le déploiement des offices de foncier solidaire qui garantissent une offre abordable sur le long terme. C’est parce que l'OFS Organisme de foncier solidaire - Créé par la loi ALUR, agréé par le préfet de région et dédié au portage foncier pour réaliser des logements en accession ou location à usage de résidence principale demeure propriétaire du sol, que les ménages peuvent devenir propriétaires de leur logement à des prix divisés par deux. Plusieurs territoires l’expérimentent avec succès.

Je veux que les logements permettent une vie plus agréable, soient des endroits où l’on puisse aussi travailler, dans un environnement offrant des services de proximité et des lieux de respiration.

Pour un grand plan de rénovation thermique

Le rôle de l’habitat dans l’empreinte carbone et dans les émissions de gaz à effet de serre est prépondérant. Il l’est aussi dans l’artificialisation des sols. Nous ne pouvons pas continuer à artificialiser 30 000 hectares chaque année.

Je veux réhabiliter un acte de construire qui privilégie les éco-matériaux et les programmes moins consommateurs de foncier, par la conversion du bâti existant, telles les friches industrielles et commerciales, par la réversibilité de bureaux en logements.

Ni ghettos de pauvres, ni ghettos de riches »

Je veux lancer un grand plan de rénovation thermique, notamment du parc ancien privé dégradé. Nous ne pouvons plus nous contenter de rénovations par geste, qui n’ont qu’un impact très limité pour l’environnement et qui ne permettent pas aux ménages de retrouver une autonomie pour se chauffer.  

Oui élue présidente de la République je logerai dignement nos concitoyens, par une politique volontariste, généreuse et écologique, une politique mêlant qualité de vie et mixité sociale, ne favorisant ni ghettos de pauvres ni ghettos de riches, simplement des territoires solidaires et équilibrés.

La rubrique est dirigée par Jean-Luc Berho (berhoji@laposte.net), créateur des Entretiens d’Inxauseta, événement annuel dédié aux politiques du logement et de l’habitat. L'édition 2021 a eu lieu le 27/08/2021 à Bunus (Pyrénées-Atlantiques) sur la thématique : « Présidentielle 2022 : plaçons l’habitat au cœur du projet politique ». Jean-Luc Berho est également président de la Coopérative de l’immobilier, à Toulouse. La rubrique a vocation à mettre en exergue des avis experts sur l’accès au logement, le parcours résidentiel, la politique de la ville, l’urbanisme et l’aménagement des territoires, en France et à l’international.

Anne Hidalgo

Date de naissance : 19/06/1959
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Parcours

Solideo
Présidente
C40 Cities Climate
Présidente
Métropole du Grand Paris (MGP)
1re vice-présidente
Association Internationale des Maires Francophones
Présidente
Ville de Paris
Maire (PS)
Région Île-de-France (Conseil régional d'Île-de-France)
Conseillère régionale d'Île-de-France
Ville de Paris
1re adjointe au Maire
Ministère de la Justice
Conseillère
Ministère de l’Emploi et de la Solidarité
Conseillère
Inspection du Travail
Inspectrice du Travail

Fiche n° 28026, créée le 11/01/2018 à 13:02 - MàJ le 19/01/2022 à 18:01

©  @ Milton GUILHERME
Anne Hidalgo, maire de Paris depuis 2014 - ©  @ Milton GUILHERME