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ExclusifAFEV : « Introduire du logement jeune et de la mixité sociale dans des quartiers NPRU-QPV » (J. Sturla)

News Tank Cities - Paris - Interview n°236642 - Publié le 05/01/2022 à 09:00
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©  AFEV
Jérôme Sturla, directeur développement urbain - ©  AFEV

« La convention signée avec l’ANRU Agence nationale pour la rénovation urbaine (fin septembre 2021 au congrès HLM à Bordeaux) a pour but d’introduire du logement jeune et de la mixité sociale dans des quartiers NPRU Nouveau programme de renouvellement urbain et QPV Quartiers prioritaires de la politique de la ville . L’interaction sociale est au cœur de notre projet à l’AFEV Association de la fondation étudiante pour la ville . Il y a matière, pour des étudiants, à s’impliquer dans ces quartiers parfois difficiles. À Nice, nous avons initié, avec la collectivité, l’implantation de colocations solidaires AFEV KAPS dans le quartier des Moulins, avec le bailleur Cote d’Azur Habitat », indique Jérôme Sturla
, directeur développement urbain de l’association de la Fondation étudiante pour la Ville (AFEV) et du Lab’Afev, le 23/12/2021.

Le schéma KAPS (pour « kolocations à projets solidaires ») a été créé par l’association en 2011, présent dans 25 villes en 2021. « L’AFEV est sollicitée sur de nouvelles opérations ou programmes d’aménagements urbains. Nous favorisons la mixité des populations dans des territoires à potentiel pouvant accueillir des étudiants ou dans des quartiers fragilisés. Nous avons posé le 19/10/2021 la 1e pierre d’une résidence pour jeunes, de 149 T1 et une résidence co-living de 109 places à Roubaix, grâce à une convention-cadre signée avec Clésence Entreprise sociale pour l’habitat (ESH) du groupe Action Logement. Elle a fusionné en janvier 2020 avec Picardie Habitat (ESH du groupe Action Logement)Implantations : 2 régions (Hauts-de-France et… (Action Logement) et le promoteur Name Immobilier, avec le soutien de la Métropole de Lille. Elle sera livrée à la rentrée 2023. Nous développons ce type de projets sous modèle KAPS à Saint-Quentin (Aisne) avec Clésence, à Marseille avec le Crous Centre régional des œuvres universitaires scolaires , et à Nîmes avec CDC habitat • Missions : Logement social et intermédiaire, gestion locative, accession, à la propriété gestion d’immobiliers publics • Création : 1961 (en 2018, le groupe SNI devient CDC Habitat) • Forme…  », déclare Jérôme Sturla.

« À la veille d’échéances électorales nationales, le logement des jeunes et des étudiants devrait être une priorité dans la campagne de l'élection présidentielle de 2022 », dit-il.

Jérôme Sturla répond aux questions de News Tank.


« Près de 1 000 Kapseurs, dans 36 villes et 71 quartiers, bénéficient du dispositif de baux d’un an »

Quels sont les projets en 2022 qui concrétiseront la convention cadre signée avec l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine • Établissement public à caractère industriel et commercial • Création : 2004 • Missions : apporter son soutien financier aux collectivités locales, aux établissements publics et aux organismes… , lors du 81e Congrès HLM à Bordeaux en septembre 2021, et Olivier Klein Ministre délégué chargé de la Ville et du Logement @ Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
, président de l’Agence nationale ?

La convention avec l’ANRU a pour but d’introduire du logement jeune et de la mixité sociale dans des quartiers NPRU Nouveau programme de renouvellement urbain et QPV Quartiers prioritaires de la politique de la ville . L’interaction sociale est au cœur de notre projet et il y a matière, pour des étudiants, à s’impliquer dans ces quartiers parfois difficiles. Par exemple, à Nice, nous avons initié, en lien avec la collectivité, l’implantation de colocations solidaires AFEV KAPS sur le quartier des Moulins, avec le bailleur Cote d’Azur Habitat. Ainsi, à la veille d’échéances électorales nationales, le logement des jeunes et des étudiants devrait être une priorité dans la campagne de l'élection présidentielle de 2022.

Quel est le principe des KAPS (« Kolocations à projets solidaires ») et pour quel type d’hébergement ou d’habitat ?

La colocation solidaire est l’expression d’une expérimentation via les KAPS que l’AFEV a créées en 2011. Nous sommes fiers de cette contribution à l’enjeu du logement des jeunes. C’est un projet collectif, socialisant et un moyen évident de lutter contre l’isolement. Il augmente le capital expérience de l'étudiant.

Un coût moyen TTC de 230 € par mois, avant APL »

En 2021, près de 1 000 Kapseurs et Kapseuses, dans 36 villes et 71 quartiers, bénéficient de notre dispositif de baux d’un an, soit dans des habitats en résidences, soit dans le diffus. Nous gérons 280 appartements sur le territoire, de type T4 de 80 m2, pour un coût moyen TTC de 230 € par mois, avant APL. Il s’agit d’une offre singulière de logement collectif abordable.

L'AFEV Association de la fondation étudiante pour la ville est sollicitée sur de nouvelles opérations ou programmes d’aménagements urbains. Nous favorisons la mixité des populations, dans des territoires à potentiel pouvant accueillir des étudiants ou dans des quartiers fragilisés. Un exemple : nous avons posé le 19/10/2021 la 1e pierre d’une résidence pour jeunes, de 149 T1 et une résidence co-living de 109 places à Roubaix (îlot Saint-Joseph), grâce à une convention-cadre signée avec Clésence (Action Logement) et le promoteur Name Immobilier, avec le soutien de la Métropole de Lille. Elle sera livrée à la rentrée 2023.

Résidence jeune de 149 T1 et résidence co-living de 109 places à Roubaix avec Clésence »

Nous allons et développons ce type de projets, sous modèle KAPS (Kolocations à projets solidaires), à Saint-Quentin (Aisne) avec Clésence, à Marseille avec le Crous et à Nîmes avec CDC habitat. Des projets résidentiels existent déjà au Mirail à Toulouse et sur le quartier Mistral à Grenoble. Depuis fin septembre 2021, nous avons favorisé l’émergence d’une structure de gestion locative avec notre nouveau partenaire Resid’Up. La convention de partenariat prévoit, notamment, le développement de projets de résidences étudiantes.

9,6 millions de 18-29 ans en France (les diplômés de l’enseignement supérieur représentent environ 43 % des 25-29 ans)
• 50 % des jeunes âgés de 21 ans sont décohabitants
• 90 % des jeunes âgés de 29 ans sont décohabitants

Les -30 ans dans le parc locatif social est passé de 29 % en 1988 à 12 % en 2010

Environ 2,6 millions d’étudiants en France en 2020 (+3 %) dont 27 % des effectifs sur l’Ile-de-France et 28 % sur 5 autres académies (Lyon, Lille, Toulouse, Nantes et Rennes)

On estime à environ 1,6 million d’étudiants « décohabitants » (64 %) en France dont 45 % d’étudiants décohabitants en Ile-de-France et 66 % d’étudiants décohabitants en région

Le logement dédié aux étudiants est estimé à 340 000 places, dont l’offre du Crous avec environ 175 000 places, les résidences privées avec environ 100 000 places, les résidences conventionnées en gestion associative avec environ 45 000 places, les résidences conventionnées en gestion directe avec environ 15 000 places et le reste en foyers ou résidences d’école

90 % du logement dédié est un logement individuel, quand il représente 60 % maximum ailleurs en Europe. Selon l’AFEV, le besoin immédiat pour les 15 plus grandes agglomérations est de 250 000 places

Le principe de solidarité n’est-il pas visible dans les offres de co-living ?

Le co-living est l’expression d’une évolution des comportements sociaux et il y a une appétence croissante pour ce type d’offre. Mais à la différence de nos colocations, le co-living tel qu’on l’entend généralement s’adresse une population qui a plus de ressources et de moyens. Sur le fond, c’est le même ressort, celui du vivre ensemble. À l’AFEV, nous promouvons le co-living solidaire.

Comme pour le logement, vous promouvez la création de « tiers-lieux solidaires ». Sous quelles formes ?

Des tiers-lieux se sont développés en lien étroit avec des projets de logements. Ce sont des espaces physiques pour faire ensemble : coworking, campus connecté, atelier partagé, Fablab, garage solidaire, social place, maker space, friche culturelle, maison de services au public… Ils sont les nouveaux lieux du lien social, de l’émancipation et d’initiatives collectives.

Des tiers-lieux en lien étroit avec des projets de logements »

Nous en gérons ou sommes impliqués dans quelques-uns à Paris, Metz, Rodez, Feyzin (Rhône), Vénissieux, Villeneuve d’Ascq (Nord), Roubaix… Certains d’entre eux sont en lien avec le programme KAPS. Nous développons aussi des tiers-lieux sur les campus universitaires. La Rochelle et Nice sont des exemples concrets et, bientôt, à Caen-Normandie. L’identification de l’espace tiers-lieu par les étudiant.e.s est une condition de réussite du projet, avec sa propre communication, son identité visuelle, des réseaux sociaux dédiés…

Nous promouvons une dimension écosystémique avec le territoire. Cela, grâce à l’engagement des étudiants et l’interaction avec les partenaires du tiers-lieu : entreprises, collectivité locale, ou acteurs publics. Des villes de taille moyenne nous sollicitent de plus en plus. Les étudiants sont appréhendés comme une ressource avec toutes les implications locales positives que cela peut avoir.

Faut-il, selon vous, permettre aux Crous Centre régional des œuvres universitaires scolaires et SPL Société publique locale - structure juridique (société anonyme) à la disposition des collectivités locales françaises pour la gestion de leurs services publics universitaires (SPLU) d’intervenir directement sur des sujets immobiliers et d’habitat ?

Sur le principe de libérer du foncier pour mieux maîtriser les prix du logement, nous sommes tous d’accord, que ce soit pour les Crous ou pour d’autres opérateurs. Sur le fond, nous constatons, et c’est tant mieux, une prise de conscience des pouvoirs publics sur la question du logement des étudiants et, plus généralement, des jeunes. On l’a vu avec le « plan 60 000 logements étudiants ». Cette question ne peut pas rester sans réponse. Une expérience étudiante réussie passe par le fait de pouvoir se loger décemment, y compris dans les zones tendues. C’est toute la question du logement abordable.

Association de la Fondation étudiante pour la Ville (AFEV)

• AFEV, association nationale (loi 1901) reconnue d’intérêt général et réseau d’intervention d’étudiants dans les quartiers populaires
Création : 1991
Missions : accompagner les jeunes en difficulté scolaire et créer du lien dans les quartiers, mobiliser des étudiants bénévoles dans des actions de solidarité, notamment dans les quartiers en difficulté
Présidente : Clotilde Giner
Vice-président : Nicolas Delesque
Directeur développement urbain, Lab’Afev : Jérôme Sturla
Tél. : 01 40 36 01 01
Fax : 01 40 36 75 89
contact


Catégorie : Association, Fondation


Adresse du siège

221, rue La Fayette
75010 Paris France


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Fiche n° 11373, créée le 16/12/2020 à 23:54 - MàJ le 24/06/2022 à 14:34

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Association de la Fondation étudiante pour la Ville (AFEV)
Directeur Lab’Afev et responsable recherche et développement

Fiche n° 44933, créée le 19/12/2021 à 18:36 - MàJ le 19/12/2021 à 19:21

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