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Les sols reviennent dans les débats sur l’aménagement (Patrick Henry, ENSA Paris-Belleville)

News Tank Cities - Paris - Tribune n°298005 - Publié le 25/08/2023 à 10:30
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©  Sophie Brandstrom
Patrick Henry - ©  Sophie Brandstrom

Les sols reviennent dans les débats sur l’aménagement de nos campagnes et de nos villes, comme en témoignent la révision de la Charte mondiale des sols ou la loi Climat et résilience de 2021 avec l’objectif de zéro artificialisation nette des sols (ZAN Zéro artificialisation nette - Objectif de réduction de la consommation d’espace à zéro unité nette de surface consommée en 2050, fixé par le plan Biodiversité du Gouvernement en juillet 2018 ) à atteindre en 2050. Arrivée à la fin de la décennie des sols débutée en 2015, l’Union européenne fixe une stratégie pour les sols à l’horizon 2030 qui vise à ce que tous les sols soient en bon état d’ici à 2050 et à ce que la protection, la restauration et l’utilisation durable des sols deviennent la norme, écrit Patrick Henry Responsable scientifique et pédagogique DSA architecture des territoires @ ENSA de Paris-Belleville • Professeur @ ENSA de Paris-Belleville
, architecte et urbaniste, fondateur de pratiques urbaines, professeur TPCAU Théories et pratiques de la conception architecturale et urbaines à l’ENSA École nationale supérieure d’architecture Paris-Belleville, dans une tribune adressée à News Tank le 24/08/2023.

Tant d’attention et de volonté pour une situation qui ne cesse de se dégrader. En France, entre 20000 et 30000 hectares sont artificialisés chaque année. Cette artificialisation augmente presque quatre fois plus vite que la population, et a des répercussions directes sur la qualité de vie des citoyens, mais aussi sur la biodiversité. Dans ce contexte, le ZAN apparaît comme un objectif sans doctrine qui est compris comme une nouvelle contrainte au développement des territoires.

Voici la tribune de Patrick Henry.


Croire aux potentiels des sols

Les sols reviennent dans les débats sur l’aménagement de nos campagnes et de nos villes, comme en témoignent la révision de la Charte mondiale des sols ou la loi Climat et résilience de 2021 avec l’objectif de zéro artificialisation nette des sols (ZAN Zéro artificialisation nette - Objectif de réduction de la consommation d’espace à zéro unité nette de surface consommée en 2050, fixé par le plan Biodiversité du Gouvernement en juillet 2018 ) à atteindre en 2050. Arrivée à la fin de la décennie des sols débutée en 2015, l’Union européenne fixe une stratégie pour les sols à l’horizon 2030 qui vise à ce que tous les sols soient en bon état d’ici à 2050 et à ce que la protection, la restauration et l’utilisation durable des sols deviennent la norme.

Trois impératifs posés par les sénateurs »

Tant d’attention et de volonté pour une situation qui ne cesse de se dégrader. En France, entre 20000 et 30000 hectares sont artificialisés chaque année. Cette artificialisation augmente presque quatre fois plus vite que la population, et a des répercussions directes sur la qualité de vie des citoyens, mais aussi sur la biodiversité. Dans ce contexte, le ZAN apparaît comme un objectif sans doctrine qui est compris comme une nouvelle contrainte au développement des territoires. Si la plupart des élus s’accordent sur la nécessité de préserver les sols, les débats qui ont abouti à « l’assouplissement » de la mise en œuvre du ZAN Zéro artificialisation nette - Objectif de réduction de la consommation d’espace à zéro unité nette de surface consommée en 2050, fixé par le plan Biodiversité du Gouvernement en juillet 2018 le 13/07/2023 témoignent de l’opposition qui est faite entre préservation de la biodiversité et développement économique. Pour cela, « trois impératifs » ont été posés par les sénateurs :

  • accélérer les projets de développement permettant la transition écologique ;
  • rappeler le rôle central de la Région et des autres collectivités territoriales dans la définition de « trajectoires adaptées » ;
  • assurer le « droit au projet », par le biais d’un hectare concédé à chaque commune, sans condition de densité, afin de leur garantir un développement territorial minimal.

Aux yeux du Sénat, il s’agit de doter les communes d’outils concrets qui leur permettront d’atteindre les objectifs fixés par la loi Climat et résilience. Si le cadre législatif semble désormais remporter l’adhésion des collectivités, le temps n’est-il pas venu de se doter d’un cadre théorique et pratique pour envisager les transformations à la mesure des enjeux ? En repartant de la proposition de Progetto di suolo de l’architecte et urbaniste Bernardo Secchi (1987) et en croisant les histoires et les théories des sols et de l’urbanisme, nous examinerons les potentiels des sols permettant de formuler de nouvelles hypothèses pour l’urbanisme et plus largement pour nos cadres de vie.

De quels sols parlons-nous ?

Étalement urbain, disparition des terres agricoles, raréfaction des ressources, érosion de la biodiversité, pollutions… sont autant de sujets dans lesquels les sols jouent un rôle prépondérant, souvent à leur désavantage. Pourtant, les sols n’ont jamais véritablement disparu des questions d’aménagement. L’intérêt qui leur est porté s’adapte aux questions du moment. Invisibilisés pour devenir le réceptacle de la technique des villes (réseaux, assainissement, métro…) à la fin du 19e siècle (Barles, 1995), ils sont devenus un enjeu foncier et économique majeur au mitan des Trente glorieuses (Pisani, 1977), mais sont regardés depuis comme un objet inerte. La considération pleine et entière de leurs fonctions écologiques est très récente. Envisagés comme une ressource infinie, les sols sont en réalité une denrée rare, donc précieuse.

La connaissance des sols s’est fragmentée »

Il est désormais partagé que les sols peuvent et doivent jouer un rôle majeur face à l’écroulement de la biodiversité (IPBES Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques , 2021), la régulation climatique (Germon, 1998), l’alimentation (Calame, 2020), l’étalement urbain (Henry, 2023), car la gestion des territoires est aussi celle des sols. Cette dernière est un enjeu majeur auquel les puissances publiques s’attellent depuis quelques décennies après le grand cauchemar des années 80 (Cusset, 2008). Savons-nous que les sols représentent un espace de potentiels, d’expressions, de visions du monde et d’utopies ? Ils ouvrent un nouveau cycle urbain permettant de réinterpréter les normes, les règles et de dépasser les cloisonnements disciplinaires afin d’inventer des formes urbaines et paysagères qui se caractérisent par leur aptitude d’adaptation à leurs environnements. Après des années de négligence, la connaissance des sols s’est fragmentée. Chaque disciple concernée en détient une parcelle. Le temps est venu de regrouper cette connaissance, de l’actualiser et de l’amplifier.

Produire de la connaissance

Les pères de la pédologie (Dokoutchaïev et Hilgard) prônent, dès la création de la discipline, une approche intégrée des sols. En 2001, le National Research Council aux États-Unis a substitué le terme géologique « pédosphère » (qui désigne la fine couche de quelques mètres où la vie s’enracine) par celui de « zone critique », renouvelant ainsi la question du territoire et des sols.

En considérant différentes strates du sol, allant du sommet de la canopée jusqu’aux roches-mères, de nombreuses disciplines, qui ne se connaissaient pas auparavant, se sont réunies pour travailler conjointement. La géographie, la géologie, la sociologie et bien sûr la pédologie, toutes ces disciplines pratiquent des « études de terrain, de sols, de géologie profonde ou superficielle » afin de mesurer les transformations des écosystèmes. Bruno Latour se saisira de la « zone critique » dans sa tentative de redéfinition de l’écologie politique (Gaillardet et Boudia, 2021). Il adopte le terme de « terrestre » afin d’abandonner l’idée d’un territoire fixe et délimité une fois pour toutes au profit de celui, polysémique, d’espace public caractérisé par sa fragilité.

La valeur foncière arbitre la prise de décision »

Les sols ne peuvent plus considérés comme un matériau géologique, mais comme une entité résultant d’une genèse et d’une évolution propres (Ruellan, 2010). Ils ont un nouvel espace de conquête pluridisciplinaire pour les politiques environnementales et urbaines (Grandjou & Meulemans, 2020). Produire de la connaissance consiste à rendre visible ce qui ne l’est pas, de croiser les informations. Il s’agit de permettre aux acteurs des transformations, de pouvoir placer les sols au cœur de l’aménagement des villes et des territoires. Dans la plupart des cas, c’est la valeur foncière qui arbitre la prise de décision. En déployant la connaissance des sols, d’autres valeurs peuvent leur être conférées (écologique, patrimoniale, sociale…). Celles-ci permettent d’assoir les décisions sur d’autres critères qu’économiques. L’aménagement du territoire a traditionnellement été axé sur la création d’environnements physiques, en mettant l’accent sur leur aspect fonctionnel. Cependant, il est de plus en plus reconnu que l’aménagement ne peut être dissocié de la manière dont les individus interagissent avec leur environnement construit au quotidien. Cette interaction laisse des empreintes dans le paysage, selon Ingold (2013).

En reprenant l’hypothèse de l’Aptitude territoriale (Corboz, 1993), nous pouvons considérer que « toute intervention n’est pas possible, souhaitable ou admissible partout ». Qualité nutritive, biodiversité lombricienne, perméabilité, valeur de l’archive, enjeu paysager, pollution sont autant d’indicateurs qui caractérisent les sols et déterminent nos futurs.

La cartographie des traces matérielles et immatérielles, l’état géomorphologique et phytosanitaire des sols, le relevé des activités et des déplacements, mais aussi des ressentis des habitants et usagers, concourent à comprendre les réalités des territoires et définir leurs potentiels. Ainsi, en questionnant les frontières et les catégories traditionnelles de la discipline, en établissant des représentations précises des territoires, il est possible d’adopter une approche décentrée et d’écrire un nouveau récit territorial (Bouba-Olga, 2019).

Azam Geneviève, Le Temps du monde fini : vers l’après capitalisme (Les liens qui libèrent, 2010)

Bouba-Olga Olivier, Pour un nouveau récit territorial (Conférences POPSU, 2019)

Calame Matthieu, Enraciner l’agriculture. Société et systèmes agricoles, du Néolithique à l’Anthropocène, PUF, 2020)

Corboz André, Le territoire comme palimpseste et autres essais (De l’imprimeur, Besançon, Paris, 2001)

Cusset François, La Décennie. Le grand cauchemar des années 1980 (Paris, La Découverte, 2008)

Gaillardet Jérôme et Boudia Soraya, « La Zone critique », Revue d’anthropologie des connaissances [En ligne], 15-4 | 2021, mis en ligne le 01 décembre 2021. URL : http://journals.openedition.org/rac/25340

Grandin Gwendoline et Barra Marc, « Renaturer l’Île-de-France : vers un territoire plus résilient » (Note rapide, Institut Paris Region, n° 843, mars 2020)

Henry Patrick, Des tracés aux traces. Pour un urbanisme des sols (Apogée, 2023)

Meulemans Germain et Granjou Céline, « Les sols, nouvelle frontière pour les savoirs et les politiques de l’environnement », Revue d’anthropologie des connaissances [en ligne], 2020

Pisani Edgard, Utopie foncière. L’espace pour l’homme (Paris, Gallimard, 1977, p. 11)

Ruellan Alain, Des sols et des hommes. Un lien menacé (Paris, IRD Éditions, 2010)

Secchi Bernardo, Progetto di suolo, Casabella (520/521, 1986, pp.20-21)

Représenter pour comprendre

Face aux enjeux majeurs de notre époque liés aux transitions écologiques, climatiques, économiques et sociales, il est crucial d’avoir des représentations pertinentes pour assurer une compréhension adéquate et une prise en compte efficace de ces enjeux par le plus grand nombre. Cependant, les cartes et les plans actuels ne répondent pas suffisamment à ce besoin. Malgré les améliorations dans la qualité des représentations, ils semblent encore ancrés dans une approche traditionnelle de la politique, privilégiant la transmission descendante d’informations à travers des visualisations de données conçues pour soutenir des positions préexistantes.

Représentations cartographiques »

En conséquence, les citoyens et les décideurs ont besoin de créer leurs propres références pour objectiver les débats, partager des constats et encourager un engagement collectif. Ils doivent participer activement à la création de cartes et de plans, car ces éléments sont essentiels pour la planification durable et le développement du territoire. Afin de limiter les impacts sur les écosystèmes et réduire les inégalités, une participation démocratique et populaire significative est nécessaire. Les représentations cartographiques jouent un rôle central car elles mobilisent l’imagination et renvoient à des souvenirs de voyages et d’explorations. Elles sont le lieu de rencontre entre le monde réel et nos perceptions individuelles, et il est impératif de créer des représentations subjectives et universelles pour répondre à ces défis actuels. Pour cela, il est indispensable de réunir l’ensemble des personnes concernées (habitants, élus, responsables économiques…) afin de les inviter à produire ensemble des représentations de leur territoire afin de détecter les lieux à préserver et ceux propices aux implantations de nouveaux équipements en connaissance des sols.

Concilier économie et écologie

Reconnaître les sols, c’est reconnaitre la diversité des services qu’ils nous rendent. Il serait par exemple pertinent de ne plus compter uniquement en matière de surface, mais d’associer un coefficient d’artificialisation à chacune des catégories, de manière à rendre compte de l’intensité de l’artificialisation et de la fonctionnalité des sols concernés. Le caractère artificiel ne serait alors plus dichotomique, mais suivrait un gradient. Cela pourrait par exemple donner un poids plus important aux espaces fortement imperméabilisés (des zones bâties) par rapport aux espaces verts urbains, dans les comptes de l’objectif de Zéro Artificialisation Nette.

Réconciliation possible entre économie et écologie »

Car l’objectif ZAN n’échappe à la vision quantitative de l’écologie qui oppose toujours, malgré de rares exceptions, l’économie et l’écologie, les impératifs du développement et les préoccupations environnementales, ainsi que les questions d’injustice sociale et l’évolution du monde naturel. En reprenant l’hypothèse que si elle est quantifiable, c’est que rien dans l’économie n’est objectif, tout est subjectif ou, plutôt, intersubjectif (Latour, Lépinay, 2008), nous pouvons penser l’imbrication des espèces, y compris les êtres humains, dans un réseau d’interactions sans hiérarchiser les valeurs telles que Gabriel Tarde (Psychologie économique, 1902) l’a envisagé, en observateur attentif de ce qui n’était pas encore nommé à l’époque la biopolitique (Foucault, 1974). En adoptant l’expression « économie de la nature », apparue dans le vocabulaire des sciences au XVIIe siècle, et qui désigne l’organisation des relations au sein d’un même territoire entre les espèces, une réconciliation entre « économie » et « écologie » est possible (Deneault, 2019).

L’indispensable prise en compte de la biodiversité dans l’évolution des territoires nous invite à examiner les sols dans leur épaisseur. En passant de surface à volume, les sols deviennent les lieux de l’interaction entre les multiples éléments qui le composent et les compétences qui s’en préoccupent (urbaniste, architecte, paysagiste, ingénieur, géographe, juriste, géologue, naturaliste, pédologue…). Comme Bernardo Secchi le définissait, le projet de sols est le projet entre les choses, l’art de l’assemblage, de la mise en relation. L’ambition des croisements disciplinaires est d’aboutir à la mise au point d’un langage commun entre les disciplines scientifiques et les métiers de l’aménagement. L’urbanisme des sols relie nature et culture en établissant un lien indéfectible entre les territoires de décisions et les modes d’intervention.

Faire alliance avec les sols

Dans une période de crise de valeurs comme celle que nous traversons, on peut aborder les problèmes du « comment » sans se poser d’abord ceux du « pourquoi ». Il faut « carder le chaos en monde » (Tarde, 1902), tisser des liens indéfectibles entre les territoires d’intervention et porter une attention neuve à tous les patrimoines. Les sols ne sont pas simplement une ressource (terme ambigu qui conduit à ne pas les respecter), mais plutôt un allié. Ils nous aident à ancrer nos interventions dans un monde fini (Azam, 2010), mettant un terme à l’illusion moderne d’un monde infini.

La connaissance initiale des sols et de leurs potentiels sert de support aux principes d’implantation et de nivellement dans un souci d’économie et de prise en compte du chemin de l’eau. La portance des sols détermine les volumes des constructions. Les choix constructifs, la non-démolition, l’utilisation des stocks existants, le réemploi, la réversibilité des ouvrages et l’intensification des usages limitent les impacts sur les sols et favorisent la pérennité des investissements.

À intégrer dans le bilan d’une opération »

On peut aussi y ajouter des principes de renaturation dans les sites déjà construits permettant de restaurer les écosystèmes (Grandin et Barra, 2020). L’identification de gisement foncier d’opportunités s’envisage comme un écosystème territorial dont il convient d’identifier et d’articuler les services que les sites, dégradés ou non, peuvent rendre. Ainsi, la valeur environnementale des sols urbains et leurs qualités multifonctionnelles pourraient être intégrées dans le bilan d’une opération, dans une pensée renouvelée de l’aménagement du territoire.

Renouveler nos pratiques

L’urbanisme des sols propose de renouveler la gouvernance politique du projet, en le plaçant non plus comme un résultat, mais comme un processus solidaire et itératif. Cela nécessite de mettre en place des instances de dialogue et de décision ainsi que de reformuler le cadre intellectuel et institutionnel de nos actions au cœur desquelles se trouvent les sols.

En mobilisant des compétences et expertises scientifiques, juridiques et techniques, l’urbanisme des sols se positionne comme une construction collective, inscrite dans le temps long. Il s’agit d’inscrire nos décisions et nos actions en mettant en place des instances permettant le dialogue et l’ajustement. En s’appuyant sur les caractéristiques des sols, les trois dimensions de l’aménagement (une vision, un programme et des règles) sont amplifiées. Ils permettent de dépasser le strict emboîtement des échelles (du local au national) afin de penser leur articulation et leur complémentarité.

Retrouver le sens d’un récit commun »

Le temps long ne décrit pas seulement la durée de réalisation des opérations, il intègre aussi les temps de discussions, de conceptions et d’expérimentations nécessaires à une élaboration démocratique du cadre bâti. Ces temps de discussions concernent l’ensemble des acteurs et des populations concernées. Si les sols sont des lieux d’interactions et d’échanges, leur devenir doit aussi être l’objet de discussions et de débats. L’urbanisme des sols propose de renouveler la gouvernance politique du projet, en le plaçant non plus comme un résultat, mais comme un processus démocratique solidaire et itératif. Cela nécessite de mettre en place des instances de dialogue et de décision ainsi que de reformuler le cadre intellectuel et institutionnel de nos actions. L’urbanisme des sols réincarne les politiques d’aménagement des territoires en retrouvant le sens d’un récit commun.

Nous formulons ici l’hypothèse que l’urbanisme des sols révolutionne la façon de concevoir l’aménagement de nos environnements et envisage un nouveau sens du lieu en inversant les paradigmes du projet en plaçant les sols au cœur de nos actions. Les terrains d’étude sont explorés en passant de l’évidence à l’indice (enquête), du visible à l’invisible, du matériel ou tangible à l’immatériel ou impalpable. Les sols ne sont plus uniquement des surfaces, supports de nos activités, mais des entités vivantes, des lieux d’interactions, d’échanges et de négociations. En produisant des connaissances sur les sols, préalables à toute intervention, en leur donnant d’autres valeurs qu’économiques, nous nous servons des potentiels des sols afin d’envisager leur avenir de manière attentive et éclairée.

La rubrique est dirigée par Jean-Luc Berho (berhoji@laposte.net), créateur des Entretiens d’Inxauseta, événement annuel dédié aux politiques du logement et de l’habitat. La prochaine édition a lieu le 25/08/2023 à Bunus (Pyrénées-Atlantiques) sur le thème de l’urgence à agir. Jean-Luc Berho est président de la Coopérative de l’immobilier, à Toulouse. La rubrique a vocation à mettre en exergue des avis experts sur l’accès au logement, le parcours résidentiel, la politique de la ville, l’urbanisme et l’aménagement des territoires, en France et à l’international.

Patrick Henry


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Parcours

ENSA de Paris-Belleville
Responsable scientifique et pédagogique DSA architecture des territoires
Ensa Paris-Malaquais (École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais)
Président

Établissement & diplôme

Ensa Paris-Malaquais (École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais)
Maître assistant
École d’architecture de Paris-la-Seine
Architecte DPLG

Fiche n° 49750, créée le 24/08/2023 à 13:27 - MàJ le 24/08/2023 à 17:01


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Patrick Henry - ©  Sophie Brandstrom