« Le logement des jeunes au cœur du monde d’après » (Dominique Giry, président de Résidétape)

News Tank Cities - Paris - Tribune n°214050 - Publié le 09/04/2021 à 10:20
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Dominique Giry, président de Résidétape - ©  D.R.

Il y a un peu moins de 2 ans, dans une tribune similaire, nous rappelions que les jeunes accèdent de plus en plus faiblement au parc de logement social en France et combien la question du logement des jeunes était aigüe et appelait des réponses fortes et diversifiées. L’actualité récente, et notamment la crise sanitaire que nous traversons, amène à prolonger et amplifier ces réflexions, écrit Dominique Giry président-fondateur @ Conseil de développement (Codev) du Val-de-Marne • Directeur général @ Espacité • Président @ Résidétape
• Né en 1948
, président de Résidétape • Résidétape, entreprise sociale et solidaire (ESS)• Création : 2003• Mission : conçoit, développe et gère des solutions temporaires de logement pour les publics ayant un lien à l’emploi• Parc : 1… (logement temporaire et résidences sociale), dans une tribune adressée à News Tank, le 07/04/2021.

On sait que les jeunes sont sur-pénalisés dans leur accès au logement. Frappés par un taux de chômage 3,5 fois plus élevé que celui des adultes, leur entrée dans la vie active passe de plus en plus par une succession, longue, de contrats temporaires (CDD, intérim, apprentissage…).

On peut s’inquiéter, à ce titre, du retard pris par le plan gouvernemental des 80.000 logements pour les jeunes (60 000 logements étudiants et 20 000 jeunes actifs). On peut s’étonner aussi des obstacles administratifs qu’il faut surmonter encore aujourd’hui pour produire du logement pour jeunes : distinctions trop rigides entre logement étudiant et logement jeunes actifs, blocage par l’État des résidences sociales pour jeunes en Ile-de-France, prescriptions tatillonnes énoncées par les différents délégataires sur les types de financements, les tailles des logements…

Voici la tribune de Dominique Giry.


La crise du logement des jeunes ne se dément pas

Il y a un peu moins de 2 ans, dans une tribune similaire, nous rappelions que les jeunes accèdent de plus en plus faiblement au parc de logement social en France et combien la question du logement des jeunes était aigüe et appelait des réponses fortes et diversifiées. L’actualité récente, et notamment la crise sanitaire que nous traversons, amène à prolonger et amplifier ces réflexions.

On sait que les jeunes sont sur-pénalisés dans leur accès au logement. Frappés par un taux de chômage 3,5 fois plus élevé que celui des adultes, leur entrée dans la vie active passe de plus en plus par une succession, longue, de contrats temporaires (CDD, intérim, apprentissage…).

Aujourd’hui, notamment dans les villes où le marché du logement est tendu, les jeunes aux ressources modestes et en contrat précaires qui ne disposent pas d’un appui familial important, sont « exclus » du marché du logement, qu’il soit social ou privé. On sait aussi que 40 % des jeunes changent de zone d’emploi durant les 7 premières années de leur vie professionnelle, et donc que l’accès à un logement conditionne souvent l’accès à un emploi.

Obstacles administratifs à surmonter pour produire du logement

On peut s’inquiéter, à ce titre, du retard pris par le plan gouvernemental des 80 000 logements pour les jeunes (60 000 logements étudiants et 20 000 jeunes actifs). On peut s’étonner aussi des obstacles administratifs qu’il faut surmonter encore aujourd’hui pour produire du logement pour jeunes : distinctions trop rigides entre logement étudiant et logement jeunes actifs, blocage par l’État des résidences sociales pour jeunes en Ile-de-France, prescriptions tatillonnes énoncées par les différents délégataires sur les types de financements, les tailles de logements…

On peut constater également le démarrage très lent du nouveau cadre réglementaire permis par la loi ELAN Évolution du logement et aménagement numérique - Loi « Logement » adoptée le 23/11/2018 par le Parlement  : les logements sociaux agréés spécifiquement pour un public jeunes dits « article 109 ». De fait, ce nouveau cadre ne résout pas une des questions fondamentales qui est le financement de l’accompagnement des jeunes et des services annexes.

On peut enfin, concernant le parc privé -qui est de très loin le 1e vecteur de logement des jeunes-, déplorer l’échec des politiques de régulation visant à limiter la hausse des loyers ou les freins à l’accès au logement. En particulier les dispositifs d’encadrement des loyers restent à ce jour très localisés sur quelques métropoles et peu respectés.

Sortie de crise porteuse d’une nouvelle vision du logement des jeunes

Pourtant, la période actuelle paraît favorable à un consensus et une mobilisation forte sur le logement des jeunes et sur ses perspectives de moyen terme :

  • Le développement des logements dits « article 109 », dans le parc social existant, va être rendu possible par décret prochainement (sous réserve qu’il ne soit neutralisé par une instruction administrative décourageante des demandes…). Il pourrait permettre, à terme, d’augmenter significativement la part de jeunes accueillis dans le parc social. Cette part a été divisée par deux ces 20 dernières années et il y a là un enjeu majeur de reconquête du public jeunes pour les organismes de logement social.
  • Action Logement s’est fortement mobilisé dans le cadre du PIV Plan d’investissement volontaire (Plan d’Investissement Volontaire) - relance en fléchant plus de 200 M€ pour soutenir la production de logements logements étudiants et de logements jeunes actifs. Ce soutien comporte une enveloppe intéressante de 10 M€ pour soutenir l’adaptation de logements pour de la colocation pour jeunes, avec un objectif de création de plus de 3 000 places en 2 ans.
  • La crise sanitaire permet de repenser ce que doit être le logement pour jeunes, et de dépasser le modèle classique des résidences constituées de dizaines de cellules identiques. Ce logement doit être ouvert sur l’extérieur, adapté au télétravail, puissamment raccordé à Internet, connecté aux circuits courts de distribution alimentaire… Cela suppose très concrètement de prévoir les financements pour la construction d’espaces collectifs de coworking dans les résidences, et d’assouplir les règles relatives aux charges re-facturables pour permettre l’exploitation de services additionnels.

La réflexion sur le logement des jeunes est à l’avant-garde des évolutions du logement en général. Les jeunes concentrent les difficultés de ressources, de précarité. Ils sont aussi à la pointe des besoins émergents : un habitat en secteur dense, connecté aux ressources de la ville, bien desservi par les transports en commun, totalement adapté au télétravail, ouvert aux aspirations sociétales de convivialité, d’alimentation, de solidarité, de préservation de l’environnement… Y apporter une réponse, c’est ouvrir des voies d’avenir pour l’habitat de tous.

La rubrique est animée par Jean-Luc Berho (berhoji@laposte.net), créateur des Entretiens d’Inxauseta, événement annuel dédié aux politiques du logement et de l’habitat. L'édition 2021 est programmée le 27/08/2021 à Bunus (Pyrénées-Atlantiques). Jean-Luc Berho est également président de la Coopérative de l’immobilier, à Toulouse. La rubrique a vocation à mettre en exergue des avis experts sur l’accès au logement, le parcours résidentiel, la politique de la ville, l’urbanisme et l’aménagement des territoires, en France et à l’international.

Dominique Giry


• Né en 1948

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Parcours

Logeo Seine Estuaire
Président honoraire
Logeo Méditerranée
Président
Groupe Logeo (ESH)
Directeur général
Résidétape
Président
ADIL Val-de-Marne
Président
Espacité
Directeur général
Conseil de développement (Codev) du Val-de-Marne
président-fondateur

Fiche n° 35558, créée le 11/06/2019 à 17:28 - MàJ le 09/04/2021 à 09:06

Résidétape

• Résidétape, entreprise sociale et solidaire (ESS)

• Création : 2003

• Mission : conçoit, développe et gère des solutions temporaires de logement pour les publics ayant un lien à l’emploi

• Parc  : 1 400 logements et 14 résidences en Ile-de-France, en Loire-Atlantique, Rhône-Alpes avec une offre de logement en colocation

• Président : Dominique Giry

• Tél. : 01 48 99 99 48

• Adresse : 34 Boulevard Haussmann, 75009 Paris


Catégorie : (ESS) Association, Fondation


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Fiche n° 12001, créée le 09/04/2021 à 09:17 - MàJ le 09/04/2021 à 09:28


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