Les maires et le logement : l’injonction de faire après les municipales 2026 (H. Buzy-Cazaux, IMSI)
Pour le logement, ces élections municipales 2026 auront marqué une rupture avec toutes celles qui les ont précédées. Lors des éditions de 2020 ou de 2014, ce thème était certes cité parmi les préoccupations des électeurs, mais loin derrière les plus pressantes, entre le 7e et le 12e rang. L’inquiétude face à l’affaiblissement du pouvoir d’achat tenait le haut du pavé. En outre, les électeurs ne liaient étrangement pas la diminution de leur pouvoir d’achat à la cherté du logement, écrit Henry Buzy-Cazaux
Membre @ Conseil national de l’habitat • Président @ Partage+ • Trésorier, membre du CA @ ISC Paris (Institut supérieur du commerce de Paris) • Président - Fondateur @ Institut du management des…
, président et fondateur de l’Institut du management des services immobiliers
Groupe IGS• Mission : formation et enseignement supérieur dans le secteur de l’immobilier, cursus complet de bac à bac +5. • Activité : 2 000 étudiants formés chaque année• Création …
(IMSI
Groupe IGS• Mission : formation et enseignement supérieur dans le secteur de l’immobilier, cursus complet de bac à bac +5. • Activité : 2 000 étudiants formés chaque année• Création …
), dans une tribune adressée à News Tank le 27/03/2026.
Les maires vont sentir chaque jour combien ils ne peuvent se soustraire au plus grand engagement pour faciliter le logement de leurs administrés. On peut s’en réjouir par anticipation. On peut aussi émettre une crainte : dans le projet de loi de décentralisation qui sera déposé par le Gouvernement le 18/04/2026 sur le bureau du Sénat, l’abondante partie sur le logement annoncée n’organisera-t-elle pas un transfert excessif sur les maires de prérogatives dans les mains de l’État ? L’État restera-t-il garant du logement pour tous et partout ?
Les maires, en particulier par la voix des sénateurs, représentants des collectivités locales, devront veiller au grain.
Voici la tribune d’Henry Buzy-Cazaux.
Les maires et le logement : l’injonction de faire
Pour le logement, ces élections municipales 2026 auront marqué une rupture avec toutes celles qui les ont précédées. Lors des éditions de 2020 ou de 2014, ce thème était certes cité parmi les préoccupations des électeurs, mais loin derrière les plus pressantes, entre le 7e et le 12e rang. L’inquiétude face à l’affaiblissement du pouvoir d’achat tenait le haut du pavé. En outre, les électeurs ne liaient étrangement pas la diminution de leur pouvoir d’achat à la cherté du logement.
Tout se passait comme si le poste logement des budgets domestiques était assimilé à une charge incompressible et totalement intégrée. Un sondage Odoxa
• Activité : Institut d’études et de sondages d’opinion
• Création : 21/08/2014
• Chiffre d’affaires (2023) : 1,62 M€
• Effectifs : 13
• Président : Gael Sliman
• Directrice générale : Céline…
pour Nexity
• Groupe immobilier français coté en bourse
• Création : 2000
• Activités : aménageur ; promoteur ; immobilier résidentiel (coliving) ; immobilier d’entreprises (coworking) ; services immobiliers…
, réalisé avant le scrutin de mars 2026, a imposé le 7 comme un nombre d’or. 7 Français sur 10 y prétendaient qu’ils voteraient pour un candidat qui apporte des solutions pour faciliter le logement dans sa commune. 7 sur 10 avouaient leur difficulté à se loger, et c’est encore la même proportion qui attendait que les futurs maires augmentent l’offre de logements disponibles par la construction et la rénovation du parc existant. Lorsqu’on leur expliquait ce qu’est le Bail réel solidaire (BRS
Bail réel solidaire - dispositif créé par la loi ALUR : le ménage est propriétaire de sa maison mais locataire du terrain. Contient des clauses de prix de revente et des plafonds de ressources des…
), les habitants des communes appelés aux urnes souhaitaient que leur maire fasse usage de cette formule pour proposer des logements moins chers.
Les mêmes répondants estimaient à 70 % majeur le maintien des obligations de production de logements sociaux, et ils sont à peine moins nombreux à vouloir que leur commune soit sanctionnée en cas de manquement à ces obligations. 7 habitants sur 10 encore sont favorables à l’encadrement des loyers. Sans doute d’ailleurs, même si la question ne figurait pas dans le sondage, considèrent-ils plus largement que leur maire doit réguler et éviter les dérives de marché, notamment pour que les locations meublées de courte durée n’empiètent excessivement sur le parc locatif d’occupation longue pour loger les autochtones. Dans le même temps, les Français - pour près de 60 % d’entre eux — ne cachaient pas, avant l’élection, qu’ils ne voteraient pas pour une liste qui se proposerait d’augmenter la fiscalité locale… ou pour une liste sortante qui se serait laissée aller à cette dérive au cours du mandat précédent.
Les maires élus tiendront-ils leurs promesses ?
On peut arguer qu’ils ne mesurent pas qu’une politique du logement active peut coûter… et, en tout cas, ils n’entendent pas que leur pouvoir d’achat logement soit amputé par la hausse de la taxe foncière par exemple, s’ils sont propriétaires, ou toute autre taxe communale pour tout ou partie. La question qui se pose alors est simple : les maires élus, non seulement sur un programme pour le logement, certes, tiendront-ils leurs promesses, dont on sait qu’elles n’engagent que ceux qui les reçoivent (on prête la phrase à Jacques Chirac et c’est une paternité qu’il partage avec bien d’autres figures politiques, dont Edgar Faure, pour preuve de sa véracité) ? Ils ne pourront s’y soustraire pour deux raisons.
D’abord, comme l’analysait Emmanuel Kant à la fin de sa vie de métaphysicien, la raison peut s’imposer par vertu et il y avait toujours cru, mais aussi par calcul, et l’expérience l’avait convaincu que c’était souvent le cas : s’ils veulent être réélus, il faudra qu’ils aient des preuves. Si, pour la première fois, les électeurs mettent le logement en tête de leurs soucis au moment de choisir leurs élus, ils exerceront leur contrôle démocratique et vérifieront que le maire se mobilise pour leur faciliter le logement. Ils auront des comptes à rendre, pour le dire simplement.
Ensuite, la pression ne se relâchera pas dans le quotidien des maires. Depuis le début du précédent mandat, l’Association des maires de France
• Association d’élus (maires et présidents d’intercommunalité) reconnue d’utilité publique en 1933
• Création : 1907
• Missions : faciliter l’exercice du mandat de maire, informer les élus sur…
témoigne que 7 rendez-vous sur 10 - toujours le nombre d’or- dans les permanences des édiles municipaux portent sur une demande de logement… Le mandat qui s’ouvre n’échappera pas à cette équation, tant que la France n’aura pas résolu structurellement sa crise du logement et que les ménages peineront pour la plupart à se loger.
Vigilance sur le projet de loi de décentralisation
Les maires vont sentir chaque jour combien ils ne peuvent se soustraire au plus grand engagement pour faciliter le logement de leurs administrés. On peut s’en réjouir par anticipation. On peut aussi émettre une crainte : dans le projet de loi de décentralisation qui sera déposé par le Gouvernement le 18/04/2026 sur le bureau du Sénat, l’abondante partie sur le logement annoncée n’organisera-t-elle pas un transfert excessif sur les maires de prérogatives aujourd’hui dans les mains de l’État ? L’État restera-t-il garant du logement pour tous et partout ?
Les maires, en particulier par la voix des sénateurs, représentants des collectivités locales, devront veiller au grain. Oui à plus de liberté de faire et d’accompagnement bienveillant de l’État, non à un défaussement dangereux et non conforme à la Constitution.
Rubrique dirigée par Jean-Luc Berho
La rubrique est dirigée par Jean-Luc Berho
Président @ Les Entretiens d’Inxauseta (rendez-vous annuel sur le logement) • Président @ Soliha Pays Basque • Directeur Analyses Débats et Tribunes Cities @ News Tank (NTN) • Président @ Supastera…
(berhoji@laposte.net), créateur des Entretiens d’Inxauseta, événement annuel dédié aux politiques du logement et de l’habitat. La prochaine édition, le 28/08/2026 à Bunus (Pyrénées-Atlantiques), sera dédiée à l’élection présidentielle de 2027. Jean-Luc Berho est président de Soliha
Solidaires pour l’habitat, réseau PACT et réseau Habitat & Développement
Pays basque, président du conseil de surveillance de la Coopérative de l’immobilier à Toulouse, administrateur de l’association Aurore, administrateur d’Espacité et membre du Conseil national de l’habitat. La rubrique a vocation à mettre en exergue des avis experts sur l’accès au logement, le parcours résidentiel, la politique de la ville, l’urbanisme et l’aménagement des territoires, en France et à l’international.
Henry Buzy-Cazaux
Membre @ Conseil national de l’habitat
Président @ Partage+
Trésorier, membre du CA @ ISC Paris (Institut supérieur du commerce de Paris)
Président - Fondateur @ Institut du management des services immobiliers
Consulter la fiche dans l‘annuaire
Parcours
Président
Trésorier, membre du CA
Président - Fondateur
Directeur général
Directeur général
Directeur général adjoint
Directeur délégué
Conseiller du président
Conseiller de Pierre Méhaignerie
Assistant parlementaire de François Bayrou
Chargé de mission
Instituteur
Fiche n° 33833, créée le 11/01/2019 à 17:05 - MàJ le 27/03/2026 à 14:48
Institut du management des services immobiliers (IMSI)
Groupe IGS
• Mission : formation et enseignement supérieur dans le secteur de l’immobilier, cursus complet de bac à bac +5.
• Activité : 2 000 étudiants formés chaque année
• Création : 1999
• Président : Henry Buzy-Cazaux
- Direction Lyon : Kelly Trevisan
- Direction Toulouse : Claire Avril
• Tél. : 01 80 97 65 31 (Paris) ou 04 72 85 71 59 (Lyon)
Catégorie : Enseignement supérieur et formation
Adresse du siège
12, rue Alexandre Parodi75010 Paris France
Consulter la fiche dans l‘annuaire
Fiche n° 7799, créée le 22/10/2018 à 01:49 - MàJ le 27/03/2026 à 14:49

