
Municipales 2026 : le logement reste la mère des batailles (Éric Pliez, maire du 20e arr. de Paris)
Pourquoi être maire lorsqu’autour de nous le monde s’assombrit ? C’est la question que je me posais au seuil de la campagne des élections municipales de mars 2026, et je la pose encore aujourd’hui, non par doute, mais parce qu’elle mérite d’être posée honnêtement. Certains auraient pu renoncer. Moi, j’ai choisi d’agir. Et j’ai choisi de redemander leur confiance aux habitant·es du 20e arrondissement de Paris, écrit Éric Pliez
Président @ Paris Habitat • Maire du 20e arrondissement @ Ville de Paris
, maire réélu du 20e arr. de Paris, le 22/03/2026, dans une tribune adressée à News Tank, le 08/04/2026.
Parmi tous les défis qui nous attendent, le logement reste la mère des batailles. Dans le 20e arrondissement comme dans l’ensemble de Paris, l’accès à un toit digne, abordable, est devenu pour des milliers de familles une course d’obstacles. Les listes d’attente pour un logement social s’allongent. Les loyers du parc privé continuent d’éloigner les classes populaires et moyennes de l’arrondissement qu’elles ont contribué à faire vivre. Derrière chaque dossier en attente, il y a une famille, une histoire, une angoisse concrète. Je n’accepte pas que l’on se résigne.
Agir sur le logement à l’échelle d’un arrondissement, c’est d’abord garantir la transparence : que chaque attribution soit lisible, justifiable, compréhensible pour ceux qui attendent. C’est ensuite peser de tout notre poids pour que la construction de logements sociaux se poursuive, que les programmes mixtes ne soient pas sacrifiés sur l’autel de la rentabilité immédiate, que les plus fragiles ne soient pas repoussés toujours plus loin.
Voici la la tribune d’Éric Pliez.
La force d’être ensemble : retour sur une réélection à Paris
Pourquoi être maire lorsqu’autour de nous le monde s’assombrit ? C’est la question que je me posais au seuil de cette campagne des élections municipales de mars 2026, et je la pose encore aujourd’hui, non par doute, mais parce qu’elle mérite d’être posée honnêtement. Le contexte international reste inquiet et inquiétant. Les inégalités se creusent. En France, plus de 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté — un chiffre que nous n’aurions jamais imaginé atteindre — et les files devant les distributions alimentaires s’allongent, silencieuses, mais ô combien révélatrices d’un malaise profond. Face à ce tableau, certains auraient pu renoncer. Moi, j’ai choisi d’agir. Et j’ai choisi de redemander leur confiance aux habitant·es du 20e arrondissement de Paris.
Cette réélection, je ne la vis pas comme une victoire personnelle. Je la vis comme la confirmation d’une confiance collective, renouvelée dans des circonstances qui n’avaient rien d’évident. Une campagne se mérite, à chaque porte, à chaque conversation de rue, à chaque salle de réunion où des habitants vous regardent droit dans les yeux et vous demandent : qu’avez-vous fait ? Que ferez-vous ? Ce sont les bonnes questions et je les ai accueillies comme telles.
Changement climatique, montée des inégalités, fragilité du lien social
Devenu maire en 2020, j’avais découvert que cette fonction élargit tout. Elle multiplie les possibilités d’aider, offre des leviers que je n’avais jamais eus lorsque je n’intervenais qu’à travers le seul prisme du social, quand j’étais à la tête de l’association Aurore. La mairie, c’est la capacité d’agir sur le temps long. C’est le droit — et l’obligation — de transformer concrètement le quotidien de celles et ceux qui habitent un territoire. Et le 20e arrondissement n’est pas un territoire comme les autres : populaire, vivant, fier, traversé de cultures, d’histoires, de tensions parfois, mais toujours animé d’une énergie propre qui m’a choisi autant que je l’ai choisi.
L’exemple du projet Python-DuvernoisEn six ans, malgré les contraintes budgétaires, malgré les baisses de financement d’État, malgré les crises successives, nous avons tenu notre cap : un programme social et écologique ambitieux au service de tous les habitants. Je dis « nous » parce qu’aucun maire n’agit seul. C’est le fruit d’un travail collectif, mené avec une équipe qui a gardé chevillée au corps la volonté de préparer le 20e aux défis de demain : le changement climatique, la montée des inégalités, la fragilité du lien social.
La politique municipale, c’est d’abord l’art du temps long. Et rien ne l’illustre mieux, dans notre arrondissement, que le projet Python-Duvernois. Ce quartier né vers la porte de Bagnolet le long du boulevard Périphérique, longtemps laissé à l’abandon, nous le transformons patiemment, obstinément, en un espace à vivre : des logements de qualité, des équipements publics, de la végétalisation avec le parc Aretha Franklin qui fera à terme 3 hectares, une respiration nouvelle pour un quartier qui en avait besoin. Ce type de projet ne se fait pas en un mandat. Il se prépare, il se négocie, il se construit pierre après pierre, arbitrage après arbitrage. Il exige qu’on reste, qu’on tienne, qu’on refuse les raccourcis. C’est exactement pour cela que j’ai sollicité ce nouveau mandat : pour être là à l’arrivée, pas seulement au départ.
D’abord garantir la transparence
Parmi tous les défis qui nous attendent, le logement reste la mère des batailles. Dans le 20e comme dans l’ensemble de Paris, l’accès à un toit digne, abordable, est devenu pour des milliers de familles une course d’obstacles. Les listes d’attente pour un logement social s’allongent. Les loyers du parc privé continuent d’éloigner les classes populaires et moyennes de l’arrondissement qu’elles ont contribué à faire vivre. Et derrière chaque dossier en attente, il y a une famille, une histoire, une angoisse concrète. Je n’accepte pas que l’on se résigne à cela.
Ne pas être effacé par la pression du marchéAgir sur le logement à l’échelle d’un arrondissement, c’est d’abord garantir la transparence : que chaque attribution soit lisible, justifiable, compréhensible pour ceux qui attendent. C’est ensuite peser de tout notre poids pour que la construction de logements sociaux se poursuive, que les programmes mixtes ne soient pas sacrifiés sur l’autel de la rentabilité immédiate, que les plus fragiles ne soient pas repoussés toujours plus loin. C’est enfin refuser que le 20e perde son âme, que sa diversité sociale — qui fait sa force et sa singularité — soit progressivement effacée par la pression du marché.
Alors oui, comme presque deux maires sur trois, j’ai sollicité un nouveau mandat en 2026. Pour poursuivre les projets engagés, pour en ouvrir de nouveaux. Mais surtout parce qu’une conviction m’anime — simple, essentielle, républicaine : celle de servir l’intérêt général. Et c’est peut-être cela, finalement, être maire : savoir que chaque jour, par une décision, un geste, une écoute, on peut améliorer la vie d’une ville et de celles et ceux qui l’habitent.
Soutenir les dispositifs d’insertion
À son échelle, le maire est l’artisan patient du lien social. Il protège les plus fragiles, refuse que quiconque soit laissé à l’écart, soutient les dispositifs d’insertion — le dispositif Territoire zéro chômeur de longue durée, les chantiers d’insertion, les adultes-relais — et les associations qui demeurent l’un des sols les plus fertiles de solidarité et d’engagement.
Ce que cette réélection m’a confirmé, c’est que les habitants du 20e ne veulent pas de promesses spectaculaires. Ils veulent de la constance. Ils veulent qu’on les écoute vraiment, qu’on leur explique les contraintes sans les prendre pour des naïfs, qu’on porte leurs colères autant que leurs espoirs. Ce nouveau mandat commence dans un contexte difficile — il n’y a aucune raison de prétendre le contraire. Mais il commence aussi avec quelque chose de précieux : la confiance des habitants, renouvelée et confortée. Cette confiance, je sais ce qu’elle vaut. Je sais ce qu’elle engage.
Je ne crois pas qu’il faille détruire pour reconstruire. Je crois au contraire qu’il faut interroger sans relâche le fonctionnement de notre démocratie, l’adapter aux défis d’une société où l’information circule vite, où les attentes sont diverses, où le besoin de participation est réel — sans jamais renoncer aux valeurs républicaines qui demeurent notre socle commun. Malgré les vents contraires, nous choisirons toujours le chemin de l’espérance. Pas l’espérance naïve de ceux qui ferment les yeux. L’espérance lucide de ceux qui agissent, ensemble, parce qu’ils savent que le monde ne se transforme pas seul.
Rubrique dirigée par Jean-Luc Berho
La rubrique est dirigée par Jean-Luc Berho (berhoji@laposte.net), créateur des Entretiens d’Inxauseta, événement annuel dédié aux politiques du logement et de l’habitat. La prochaine édition, le 28/08/2026 à Bunus (Pyrénées-Atlantiques), sera dédiée à l’élection présidentielle de 2027. Jean-Luc Berho est président de Soliha Pays basque, président du conseil de surveillance de la Coopérative de l’immobilier à Toulouse, administrateur de l’association Aurore, administrateur d’Espacité et membre du Conseil national de l’habitat. La rubrique a vocation à mettre en exergue des avis experts sur l’accès au logement, le parcours résidentiel, la politique de la ville, l’urbanisme et l’aménagement des territoires, en France et à l’international.
Ville de Paris
• Commune et Département (statut particulier), situés en Île-de-France
• Population : 2 087 577 habitants
• Superficie : 105,4 km2
• Intercommunalité : Métropole du Grand Paris
• Maire : Emmanuel Grégoire, depuis mars 2026
• Adjoint à l’urbanisme : François Vauglin
• Adjoint au logement : Jacques Baudrier
• Directrice du Logement et de l’habitat : Doan Lebel
• Tél. : 01 42 76 40 40
Catégorie : Collectivités
Entité(s) affiliée(s) :
- Compagnie parisienne de chauffage urbain
- Eau De Paris
Adresse du siège
Place de l’Hôtel de Ville75004 Paris France
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Fiche n° 6228, créée le 11/01/2018 à 12:37 - MàJ le 04/05/2026 à 13:49
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