OFS et BRS : confirmer une dynamique de production toujours aussi forte (C. Hagmann, La Coop Foncière)
Les 8e Journées nationales des OFS organisées par Foncier Solidaire France, le 01/07/2026 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) à l’invitation de La Coop Foncière, seront l’occasion de confirmer une dynamique de production toujours aussi forte, tant sur le volume de logements engagés qui devraient dépasser les 30 000 unités que sur le volume de logements livrés qui suit une trajectoire exponentielle. Derrière ces chiffres, ce sont autant de trajectoires individuelles qui se construisent et qu’il est temps d’observer plus finement pour savoir adapter notre offre à une demande toujours plus importante, écrit Cécile Hagmann
Directrice générale @ La Coop Foncière
, directrice générale de La Coop Foncière, dans une tribune adressée à News Tank le 25/06/2026.
Il est essentiel de contenir les prix. Le BRS n’a pas convaincu les ménages qui trouvent un débouché dans le marché libre, le débat sur l’évolution des plafonds vers le LLI n’est pas seulement dangereux pour le BRS, il est aussi inepte et improductif. Concentrons-nous sur notre cœur de cible et tentons déjà d’y répondre mieux. La colère qui monte du fait de la crise du logement ne doit pas être rendue inaudible par la crise de l’immobilier.
Cela nous engage à une maîtrise de nos prix de vente initiaux, à un encadrement de la revalorisation des biens à chaque revente et à la nécessité d’ouvrir le PTZ dans l’ancien pour le BRS. Rappelons-nous qu’il ne visera toujours que les primo-accédants et qu’il servira un public qui grossit les rangs de la demande de logement social et que si le BRS se développe, il ne représente à ce stade qu’une part limitée des transactions dans l’ancien.
Voici la tribune de Cécile Hagmann.
BRS et OFS nouveaux piliers de la production de logements
Comme l’a écrit Imed Robbana
Directeur général @ Comité ouvrier du logement (COL)
, directeur général du COL
Comité Ouvrier du Logement
, le 04/05/2026 dans News Tank, les Organismes de foncier solidaire (OFS
Organisme de foncier solidaire - Créé par la loi ALUR, agréé par le préfet de région et dédié au portage foncier pour réaliser des logements en accession ou location à usage de résidence principale
) ont 12 ans et le Bail réel solidaire (BRS
Bail réel solidaire - dispositif créé par la loi ALUR : le ménage est propriétaire de sa maison mais locataire du terrain. Contient des clauses de prix de revente et des plafonds de ressources des…
) est devenu un des nouveaux piliers de la production de logements. Il ne s’agit plus ici d’en expliquer les modalités ni les attendus, tant ils ont été décortiqués.
Les objectifs du BRS sont simples, produire une offre de logement en accession à la propriété à un prix cohérent avec les capacités économiques des ménages français, et s’assurer que cet intérêt financier perdure par un mécanismes anti-spéculatif robuste dont la mise en œuvre est assurée par l’OFS, sous le contrôle de l’État.
Les 8e Journées nationales des OFS organisées par Foncier Solidaire France vont s’ouvrir le 01/07/2026 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) à l’invitation de La Coop Foncière
• Organisme foncier solidaire francilien, à but non lucratif, créé par les Coop’HLM
• Création : 2017
• Statut : société coopérative sous forme SARL
• Membres adhérents : 23 opérateurs HLM et SEM…
. Ces journées seront l’occasion de confirmer une dynamique de production toujours aussi forte, tant sur le volume de logements engagés qui devraient dépasser les 30 000 unités que sur le volume de logements livrés qui suit une trajectoire exponentielle. Derrière ces chiffres, ce sont autant de trajectoires individuelles qui se construisent et qu’il est temps d’observer plus finement pour savoir adapter notre offre à une demande toujours plus importante.
La Coop Foncière, fenêtre d’observation privilégiée
L’Île-de-France est un archipel de communes et d’agglomérations constituant un grand bassin d’emploi et d’habitat. La diversité des territoires est saisissante et La Coop Foncière propose un modèle d’OFS qui sait répondre à cette pluralité. À elle seule, sur une cinquantaine de communes en Île-de-France, elle propose une offre de logements à la gamme de prix diversifiée : allant de 3 000 à 5 000 €/m² et aux redevances reflétant la tension contrastée du prix du foncier : de 1 € à 3,5 €.
L’offre produite est aux deux tiers en petite couronne parisienne et pour un tiers dans les territoires parfois moins tendus de grande couronne. Elle répond à des aspirations de centralité autant qu’à des aspirations d’un « éloignement accessible » grâce aux réseaux de transports. Avec plus de 1 100 dossiers de ménages analysés en vue de leur agrément pour des projets dans 38 communes, la base de données devient suffisamment riche quoique francilienne, pour prendre une dimension générale.
Petits ménages et familles monoparentales
Les BRS sont majoritairement achetés par des ménages composés d’une ou deux personnes. Ce sont des personnes seules, des couples et des familles monoparentales. Ils constituent 65 % des acquéreurs de nos logements et les personnes seules représentent 40 %. Les familles, quant à elles, pèsent pour 46 % des acquéreurs en BRS soit une petite moitié, les familles monoparentales représentant 19 % de nos acquéreurs. 60 % des BRS sont achetés par un acquéreur unique, avec ou sans personne à charge. Le BRS répond tout particulièrement au souhait de parcours résidentiels des ménages qui ne disposent que d’un revenu et qui ont plus de mal encore à atteindre les seuils de solvabilité pour devenir propriétaires.
L’accès à la propriété des femmesLors de notre assemblée générale, le 10/06/2026, Claire Carriou, enseignante-chercheuse à l’École d’Urbanisme de Paris, a insisté sur une caractéristique complémentaire, la place particulière des femmes seules avec ou sans enfant. Elles représentent 60 % des ménages « mono-acquéreurs » de La Coop Foncière et le taux s’élève à 70 % si on se concentre sur les familles monoparentales. Ces chiffres, confortés par le travail de recherche mené par Claire Carriou et l’équipe COBRA dans le cadre du programme de recherche lancé par l’USH, la Caisse des Dépôts
Groupe public, investisseur de long terme au service de l’intérêt général et du développement économique de la France.
• Filiales : La Poste, Icade, Egis, Transdev, RTE, SFIL, GRTGaz, Compagnie des…
, le Plan urbanisme construction architecture
• Activité : Organisme interministériel de recherche et d’expérimentation dans les domaines de l’urbanisme, de la construction et de l’architecture, rattaché au ministère de la Transition écologique…
(PUCA) et IDHEAL
• Association à but non lucratif• Création : 2019• Missions : réaliser des recherches axée sur le logement (et l’emploi), organisation des séminaires de formations (via les Ateliers d’Idheal…
notamment, dessinent une fonction moins attendue du BRS dans la régulation des inégalités homme-femme face à l’accès à la propriété et à la constitution de capital.
Accès à la propriété qui s’est fait attendre
Les acquéreurs en BRS sont relativement jeunes, 60 % d’entre eux ont moins de 40 ans et un quart à moins de 30 ans. L’âge médian des acquéreurs est de 36 ans soit sensiblement plus élevé que la médiane des primo-accédants qui s’établit à 32 ans à l’échelle nationale. Cet âge médian varie légèrement selon les typologies de logements et les typologies des ménages.
Pour les familles monoparentales, l’écart se creuse. Elles accèdent plus tardivement à la propriété (41 à 44 ans selon le nombre d’enfants à charge), c’est le résultat de parcours de vie - avant d’être une famille monoparentale il y a souvent une vie de couple - et de la difficulté plus grande à disposer des ressources et apports nécessaires. On peut en déduire que le BRS a été une opportunité longtemps attendue pour bon nombre d’entre elles. Les couples sans personne à charge par opposition, accèdent plus jeunes, leur âge médian s’établit à 33 ans, l’effet en partie du coup-de-pouce donné aux « jeunes couples » bénéficiant depuis 2024 du plafond de ressources des ménages de trois personnes.
Des ressources éloignées des plafonds légauxEn janvier 2024, les plafonds de ressources des acquéreurs en BRS et les plafonds de prix de vente des logements ont été très sensiblement réévalués, en réponse aux tensions identifiées dans certains territoires pour lesquels le zonage n’est plus pertinent. Ces dernières années, notre enjeu a été de contenir la hausse des prix considérant que le cœur de cible du BRS ne varierait pas sensiblement. Les chiffres le confirment. 70 % de nos acquéreurs agréés depuis le 01/01/2024 ont des ressources sous le plafond PLUS Prêt locatif à usage social - catégorie correspondant aux HLM traditionnels (65 % de la population française éligible), loyers plus élevés que pour ceux des logements PLAI (gamme médiane du logement social). Même sur nos opérations les plus onéreuses, dont le prix de vente est supérieur à 4 500 €/m² de surface habitable, 63 % des acquéreurs sont éligibles au logement social.
Réinterroger le standard et tenir les fondamentaux
La qualité première d’un logement est de loger confortablement un ménage. En BRS, plus encore que dans les autres types de logement, nous devons permettre aux ménages d’acquérir un logement adapté à leur besoin immédiat.
Il est nécessaire de diversifier les logements dans chaque typologie. Un jeune couple, une femme seule avec un enfant ou un parent en garde alternée n’ont pas les mêmes besoins vis-à-vis de leur logement. Avoir du T3 avec une grande chambre pour accueillir deux enfants (en n’oubliant pas qu’un petit enfant devient vite un grand adolescent) répondrait mieux au besoin des familles en garde alternée pour lesquelles le T4 peut être trop grand et trop cher. Proposer quelques T3 plus compacts pour permettre que le parent et l’enfant aient leur propre chambre, plutôt qu’assigner le parent au salon déjà lieu du travail et de la cuisine. Se rappeler que les grandes familles, à partir du 3e enfant, ont des ressources plus faibles et que la rare offre de T5 est souvent inabordable pour ces ménages.
Nous constatons souvent que les logements « atypiques » (petite typologie généreuse, duplex, petite maison ou grande typologie compacte par exemple) se vendent plus vite car ils répondent à un besoin que le standard ne couvre pas. C’est tout l’écosystème de production de la ville qui doit se questionner sur les standards que nous produisons en tenant mieux compte de l’expérience des utilisateurs.
Il est essentiel de contenir les prix. Le BRS n’a pas convaincu les ménages qui trouvent un débouché dans le marché libre, le débat sur l’évolution des plafonds vers le LLI Logement locatif intermédiaire n’est pas seulement dangereux pour le BRS, il est aussi inepte et improductif. Concentrons-nous sur notre cœur de cible et tentons déjà d’y répondre mieux. La colère qui monte du fait de la crise du logement ne doit pas être rendue inaudible par la crise de l’immobilier. Cela nous engage à une maîtrise de nos prix de vente initiaux, à un encadrement de la revalorisation des biens à chaque revente et à la nécessité d’ouvrir le PTZ Prêt à taux zéro dans l’ancien pour le BRS. Rappelons-nous qu’il ne visera toujours que les primo-accédants et qu’il servira un public qui grossit les rangs de la demande de logement social et que si le BRS se développe, il ne représente à ce stade qu’une part limitée des transactions dans l’ancien.
Rubrique dirigée par Jean-Luc Berho
La rubrique est dirigée par Jean-Luc Berho (berhoji@laposte.net), créateur des Entretiens d’Inxauseta, événement annuel dédié aux politiques du logement et de l’habitat. La prochaine édition, le 28/08/2026 à Bunus (Pyrénées-Atlantiques), sera dédiée à l’élection présidentielle de 2027. Jean-Luc Berho est président de Soliha Solidaires pour l’habitat, réseau PACT et réseau Habitat & Développement Pays basque, président du conseil de surveillance de la Coopérative de l’immobilier à Toulouse, administrateur de l’association Aurore, administrateur d’Espacité et membre du Conseil national de l’habitat. La rubrique a vocation à mettre en exergue des avis experts sur l’accès au logement, le parcours résidentiel, la politique de la ville, l’urbanisme et l’aménagement des territoires, en France et à l’international.
Parcours
Directrice générale
Directrice ingénierie produits et études
Responsable du Pôle Stratégies Territoriales
Cheffe de projet territorial
Chargée de mission gestion urbaine de proximité
Chargée de mission développement social
Établissement & diplôme
DESS urbanisme et gestion des villes
Fiche n° 38058, créée le 08/01/2020 à 10:25 - MàJ le 26/06/2026 à 11:14
La Coop Foncière
• Organisme foncier solidaire francilien, à but non lucratif, créé par les Coop’HLM
• Création : 2017
• Statut : société coopérative sous forme SARL
• Membres adhérents : 23 opérateurs HLM et SEM d’Ile-de-France (Valophis, Gambetta, Coopimmo, Terralia, Logipostel, Habitations Populaires, MC Habitat, SCIC Boucles de la Seine, Apilogis, RATP Habitat accession, CAPS, Domaxia, Semise, I3F, CDC Habitat Social, Arcade, Polylogis, Batigère maison familiale, Plurial, Vilogia Premium, Toit et Joie, Logicap et Coop Access), 5 collectivités (Bagneux, Colombes, Ivry-sur-Seine, Gennevilliers et Plaine Commune) et 3 partenaires
• Président : Christian Chevé
• Directrice générale : Cécile Hagmann
• Conseil d’administration : 11 membres
• Tél. : 01 40 75 79 21 / 06 31 48 97 24
Catégorie : Bailleurs sociaux
Adresse du siège
14 rue Lord Byron75008 Paris France
Consulter la fiche dans l‘annuaire
Fiche n° 8761, créée le 13/06/2019 à 10:11 - MàJ le 26/06/2026 à 11:14

